Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Faute d'événements en 2020, le Kunstmuseum de Lucerne a de l'argent à dépenser

Les comptes sont plus que positifs. Il y a un reliquat de 50 000 francs. Le même montant que le budget normal d'acquisition. C'est tout bénéfice pour les collections.

Une image de l'actuelle exposition Rinus van de Velde.

Crédits: Kunstmuseum, Lucerne 2021.

Le bouclage des comptes peut réserver des surprises. Bonnes ou mauvaises. Le Kunstmuseum de Lucerne a ainsi découvert qu’il lui restait de l’argent pour 2020. Comment est-ce possible, alors que l’institution a connu diverses fermetures, même s’il y en a moins eu ici qu’en Suisse romande? Très simple. Pas de vernissages. Pas d’événements. Il restait du coup dans la caisse 50 000 francs. C’est peu à l’heure actuelle, mais cela représente le montant normal de la somme annuelle allouée aux achats du musée. Notez que c’est bien mieux qu’à Genève. La Ville a coupé ces crédits-là il y a des années, alors même qu’elle dépense (et souvent gaspille) 301 millions par an pour la culture.

La Kunstgesellschaft, qui coiffe le Kunstmuseum, a donc décidé de consacrer cette somme à des achats. Montants doublés par rapport à 2019. Pas question de faire des économies. Cela ne répondrait de plus pas à ses statuts. C’est l’occasion pour rappeler la politique d’acquisitions menées par ce lieu souvent recommandable, aujourd’hui dirigé par Fanni Fetzer. Il y a les œuvres historiques en rapport avec Lucerne et la Suisse centrale. L’art des années 1970, époque où l’institution se trouvait entre les mains du charismatique Jean-Christophe Ammann (parti ensuite pour Francfort). Les pièces contemporaines d’artistes de Suisse centrale. Le musée entend aussi, comme bien d’autres, laisser une trace de ses expositions dans les collections.

Marion Baruch et Rinus van der Velde

Ces dernières années, le Kunstmuseum s’était beaucoup occupé du fonds patrimonial avec une peinture sous verre de Robert Zünd, des natures mortes de Hans Emmenegger (artiste qui connaîtra bientôt sa rétrospective à l’Hermitage de Lausanne) ou une aquarelle exécutée lors d’un de ses voyages suisses par Turner. Vu le prix de cette dernière, il avait fallu là faire un appel au peuple (d’autant plus que l’œuvre se voyait proposée par une galerie anglo-saxonne). Pour rétablir l’équilibre, les choix 2020 ont concerné avant tout deux artistes exposés en 2020-2021. Il s’agit de la Roumaine Marion Baruch, montrée en 2020. Je vous avais parlé de sa rétrospective consacrée à cette nonagénaire. Et du Belge Rinus van der Velde, que le public peut voir en ce moment. Si leurs prix n’ont pas encore pris l’ascenseur, les visiteurs se voient, eux, prié de le faire. Le Kunstmuseum loge, je vous le rappelle, tout en haut du Kongresszentrum dessiné par Jean Nouvel à côté de la gare.

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