Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

EXPOSITION/Les tableaux flamands et hollandais du MAH iront à Caen!

Crédits: Galerie Claude Vittet

En 2015, l'exposition «Humaniser la guerre» du Musée Rath, organisée à propos des 150 ans de la Croix-Rouge, s'installait pour quelques mois au Mémorial de Caen. C'était là la carrière internationale annoncée à cette présentation par les Musées d'art et d'histoire genevois (MAH). La ville normande, comme celle de Genève, ont de la suite dans les idées. Du 19 mai au 10 septembre, le riche (en œuvres) Musée des beaux-arts de la cité proposera «L'attention au réel».

Il s'agira cette fois de mélanger les fonds caennais et genevois en matière de peinture flamande et hollandaise des XVIe et XVIIe siècle. On se souvient que Frédéric Elsig avait monté sur le sujet deux expositions au MAH, «La naissance des genres» (2005-2006) et «L'art et ses marchés» (2009-2010), après une réévaluation totale de la collection. Plus récemment (du 21 octobre 2016 au 22 janvier 2017), la Fondation Pierre Arnaud de Lens, en Valais, a proposé une sélection de cet ensemble sous le titre sobre de «Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève». Après tout pourquoi pas? Ces tableaux dans leur immense majorités parqués en réserves ont droit à des vacances de neige comme tout le monde.

Gravures et interventions contemporaines 

La manifestation du Musée des beaux.arts de Caen, que dirige aujourd'hui Emmanuelle Delapierre, s'annonce ambitieuse. Outre les deux fonds réunis, «qui créeront des ensembles d'une étonnante cohérence» une fois regroupés par genres (portrait, paysages, histoire...), il y aura en effet une section de gravures. Chaque section se verra par ailleurs actualisée par une intervention contemporaine, due à (ou une) artiste travaillant soit en Belgique, soit aux Pays-Bas. Outre l'inévitable Jan Fabre, j'ai ainsi noté la présence de Hendrik Kerstens, Fiona Tan ou Cyprien Gaillard. 

J'ignore si l’œuvre qu'espère aujourd'hui acquérir le Musée des beaux-arts de Caen sera de la partie. Il manque en effet 14 000 euros (sur les 20 000 de la fraction du prix à couvrir par des privés) pour que le «Saint François et l'ange» de Gérard Seghers entre dans les collections municipales. La souscription se terminera le 31 mars. Il semble s'agir d'un beau tableau, et le prix demandé par la galerie Claude Vittet reste sans commune mesure avec ceux (très abusifs) que paie souvent le Louvre. 

Une question pour terminer. Celle qui fâche. Comment se fait-il que les expositions genevoises finissent forcément à Caen? Parce que Jean-Yves marin, avant d'arriver à la tête du MAH conservait à Caen le Musée de Normandie? 

Photo (Galerie Claude Vittet): Le «Saint François et l'ange» de Seghers, que tente d'acheter le Musée des beaux-arts de Caen. Un détail, bien sûr!

Texte intercalaire.

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