Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Ernst August de Hanovre veut récupérer les châteaux familiaux remis à son héritier

L'époux de Caroline de Monaco, aux innombrables frasques, avait pensé régler sa succession de son vivant. Son fils ne se comporte par comme prévu. Procès...

Le château de Marienburg, aujourd'hui disputé.

Crédits: DR.

Il y a du rififi chez les princes de Hanovre, qui se prénomment Ernst-August depuis au moins cinq générations. Vous me direz que cela ne change guère de l’ordinaire. L’actuel Ernst-August, connu comme le troisième mari de Caroline de Monaco (dont il est séparé depuis 2009), a en effet cumulé les frasques durant toute son oisive existence. Je vous rappelle l’incident diplomatique consécutif au fait d’uriner sur le pavillon turc lors de l’exposition universelle de Hanovre en 2000. Vous me direz que le monsieur était ici chez lui, mais tout de même! Il faut dire que le prétendant au trône de ce petit pays, disparu en 1866 au moment de son annexion brutale par la Prusse, avait apparemment la vessie faible. L’incident était déjà arrivé auparavant devant un hôpital autrichien. La presse en avait bien sûr fait les deux fois ses choux gras.

Non cette fois il ne s’agit pas d’un fait divers, même si Ernst-August a refait parler de lui en juillet dernier à cause d’une bagarre avinée avec des policiers, qui l’avait conduit à un séjour bien involontaire dans un asile psychiatrique. A 66 ans (mais il en fait allègrement vingt de plus), notre homme entend récupérer ses biens. Et il y en a beaucoup, même s’ils ne valent apparemment plus grand-chose. Cinq millions d’euros à peine, selon l’intéressé. En 2004 et 2007, pour anticiper sa succession, le père a remis à son jeune fils Ernst-August, né en 1982 d’une première union avec la Zurichoise Chantal Hochuli, le palais de Herrenhausen à Hanovre, l’immense domaine de Calenberg et le château de Marienburg. Une grande partie de la querelle porte sur ce dernier. Il s’agit d’une immense bâtisse néo-gothique, construite par le dernier souverain de Hanovre pour son épouse Marie. D’où le nom. Commencée en 1858, la demeure n’a jamais été achevée, vu la chute de la dynastie. Mais les Hanovre l’ont récupéré après 1945.

Faux Moyen Age

Marienburg séduit les amateurs de faux Moyen Age, même si la construction manque de la folie caractérisant les rêves de Louis II de Bavière. C’est surtout une ruine, où Ernst-August Jr y a célébré en 2017 (son père n’était pas invité) ses noces avec la créatrice de mode russe Ekaterina Malysheva. Il faudrait 28 millions d’euros pour remettre le bâtiment à flots. Son actuel propriétaire a donc décidé de s’en débarrasser pour un euro symbolique. Il s’est entendu avec le Land de Basse-Saxe. C’est alors que son paternel a refait surface, comme dans un mélodrame. Il a crié à la dilapidation. L’affaire est tombée à l’eau. Une Fondation a alors pris le relais du Land. Vous êtes sans doute au courant, si vous lisez comme moi «Points de Vue-Images du Monde». Ernst-August Sr semble sans doute surtout intéressé par le fait que, mis dans le réseau touristique, le château accueillait en 2019 ses 200 000 visiteurs.

La procédure en arrive aujourd’hui au point crucial. Il faut déterminer qui possède Marienburg, toujours à restaurer avec on ne sait quel argent. La suite dans «Gala», «Paris-Match»  et autres hebdomadaires. Il y a là tout pour faire un bon feuilleton.

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