Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Des galeries parisiennes fermées organisent une exposition commune visible de la rue

La rue des Beaux-arts abrite notamment les spécialistes des arts premiers. "A visage découvert" les relie entre eux. C'est déjà un succès médiatique.

Un masque d'Amérique du Nord chez Flak. Il a appartenu à André Breton et à Paul Eluard.

Crédits: Danielle Voisin, Galerie Flak, PAris 2021.

Je suppose que vous le savez. La France s’est peu à peu verrouillée. Les musées sont fermés depuis bientôt six mois. Les galeries ont longtemps tenu le coup, avec un succès public qui les a étonnées elles-mêmes. C’est fini pour ces dernières depuis le 18 mars. Elles ont alors dû mettre la clef sous le paillasson, alors que les salles de ventes peuvent encore accueillir du public lors de leurs expositions de présentation. «Concurrence déloyale». Une plainte est allée au Conseil d’État, qui va sans doute la classer. Comment expliquer la chose? Très simple. Les galeries dépendent du léthargique ministère de la Culture, tandis qu’Artcurial, Christie’s, Sotheby’s ou l’Hôtel Drouot relèvent de la… Justice.

Ramu Sepik, chez Anthony Meyer. Tout sourire! Photo galerie Anthony Meyer.

Que faire? Baisser les bas, comme la Vénus de Milo? Ce n’est pas le genre des marchands de la rue des Beaux-arts. Une longue et étroite artère située entre les rues Bonaparte et de Seine. Ils ont décidé d’utiliser au maximum leurs vitrines pour proposer une exposition collective. Thème? Le masque bien sûr! C’est ici que se trouvent les principaux spécialistes parisiens d’art premiers, de Ratton à Anthony Meyer en passant par Flak, Alain Bovis, Entwistle ou Monbrison (1). Pied de nez, la manifestation, visible du dehors jusqu’au 20 avril, s’intitule «A visage découvert». Premier succès. Puisqu’il n’y a plus d’autres sujets d’actualité, «Le Monde» a consacré à la chose un gros article sous la plume de Philippe Dagen. Une chose qui ne serait jamais arrivée en temps normal…

Et à Genève?

L’idée va-t-elle faire école? Je vous rappelle qu’à Genève, durant le dernier semi-confinement, Mezzanin avait proposé une exposition Fabrice Gygi destinée aux passants. Et que Pace, au quai des Bergues, s’arrange pour que ses accrochages (en ce moment Brent Wadden) se voient au mieux la nuit depuis l’extérieur. Cela ne ferait par ailleurs pas de mal à certaines artères genevoises que les vitrines mortes, faute de magasins, se voient attribuées ou louées à bas prix à des galeristes... Il y a désormais beaucoup de trous noirs. Notez qu’on pourrait aussi y loger les stands d’Artgenève. Annoncé désormais pour de 17 au 20 juin, le salon local me paraît bien mal parti pour une édition 2021.

(1) On y trouve aussi de la sculpture contemporaine avec Claude Bernard, de l’archéologie grâce à L’étoile d’Isthar ou à Mermoz, et enfin de la céramique du XXe siècle en compagnie de Didier Luttenbacher.

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