Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Des bijoux historiques, volés à Dresde en novembre, refont surface sur le Darknet

L'affaire a été sortie par "The Telegraph". Deux joyaux feraient ainsi l'objet d'une rançon de 9 millions d'euros. Au même moment, le Louvre rouvre la Galerie d'Apollon.

Les deux bijoux faisant l'objet de la transaction.

Crédits: DR.

La nouvelle a été lancée par «The Telegraph» londonien. Je l’ai lue sur le site du «Figaro», où je trouve toujours davantage de nouvelles patrimoniales que sur celui du «Monde». Les bijoux volés lors d’un casse mémorable dans le «Grünes Gewölbe» de Dresde le 25 novembre dernier auraient refait surface. Du moins une partie. Deux sur quatre. On sait que la Saxe a estimé le butin à un milliard d’euros, ce qui semble fou pour des joyaux anciens, même historiques. Les pierres ont une taille démodée, même si le plus gros diamant pèse tout de même 49 carats.

Je vous raconte ce qui a été écrit. On se croirait en plein polar, avec un curieux mélange d’ancien et de contemporain. Deux des pièces dérobées,l’épaulette de brillants et l’Etoile d’un ordre polonais ont réapparu sur le Net. Oh, pas de manière directe, vous vous en doutez bien! On est ici dans un domaine accessible en chargeant des logiciels supplémentaires. Une société de sécurité israélienne les a donc vus offerts sur le Darknet, cette chose incontrôlable sur laquelle les partisans du tout virtuel gardent le silence. Il s’agirait d’un chantage adressé à Dresde. Les responsables du trésor ont 48 heures pour répondre. Il n’y aura pas de transaction. Aucune question ne peut se voir posée, ne serait-ce que pour vérifier que les malfaiteurs ont bien les bijoux en mains. La rançon demandée, puisqu’il faut bien appeler les choses par leur nom, serait de 9 millions d’euros (1) en bitcoins. Vive les monnaies cryptées! Autrement… Eh bien autrement on ne sait bas. Mais Marion Ackermann, en charge du patrimoine de Dresde craint que les joyaux soient démontés et les pierres retaillées.

Mystères parisiens

La nouvelle tombe étrangement un jour après l’annonce par le Louvre de la réouverture de la Galerie d’Apollon. Le lieu abrite dans un décor palatial ce qui reste en France des bijoux de la Couronne, dispersés par la République en 1887. J’ignore les mesures de protection prévues. Mais bien avant la naissance d’Internet, l’épée de diamants de Charles X avait disparu de l’une des vitrines de la Galerie. Une arme de parade dont on reste sans nouvelles depuis. D’aucuns murmurent par ailleurs que le Régent, le fameux diamant acheté à l’aurore du XVIIIe siècle pour le jeune Louis XV, ne serait pas authentique. Il s’agirait d’une copie mise pour dissimuler au public un vol. Cette légende urbaine a la vie dure.

Le vrai problème demeure sans doute autre. Comment se fait-il que vu les risques encourus les musées exposent encore les originaux en matière de joyaux, de la Residenz de Munich à la Tour de Londres? Des reproduction habiles pourraient sembler plus indiquées. Le public n’y verrait de toute manière que du feu.

(1) L'histoire de la rançon sort du quotidien populaire "Bild". L'équivalent du "Blick" suisse.

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