Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Des archéologues kazakhs ont découvert une tombe contenant 850 bijoux scythes

La sépulture restait inviolée au milieu d'un cimetière vidé. Les chercheurs pensent que le défunt a été honoré des siècles durant par des offrandes votives.

L'un des mouflons.

Crédits: Giornale dell'arte.

Pourquoi pas une bonne nouvelle pour une fois? Voilà qui nous changerait! Des archéologues du Kazakhstan viennent de faire une importante découverte dans la région d’Eleke Sazy qui se situe, comme vous le savez tous, dans les steppes s’étendant au nord-est du pays. La trouvaille concerne une nouvelle fois les Scythes. Ils constituaient l’exemple même des Barbares pour les Grecs, qui les croisaient parfois au détour de leurs expéditions économiques du Ve et du IVe siècle avant notre ère. Les Scythes, comme les Etrusques, étaient renommés pour leur art de l’orfèvrerie. Ils disposaient pour cela de ressources abondantes en or… que l’on retrouve aujourd’hui dans des tombeaux.

Une technique éblouissante

Les Russes ont toujours privilégié l’archéologie scythe. Pierre le Grand, au début du XVIIIe siècle, avait même prévu la peine de mort pour ceux qui fondraient ces objets antiques au lieu de les apporter à qui de droit. Il en a ainsi subsisté un nombre impressionnant. Aujourd’hui, les Etats de l’ex-URSS ont pris la relève. La campagne actuelle est ainsi assurée par l’Université nationale Al-Farabi d’Almaty, logée dans un somptueux bâtiment moderne à en croire les photos. Son équipe a exploré un véritable cimetière, existant sous forme de tumulus. Il y avait là environ 200 tombes, violées au fil des siècles. L’une d’elles demeurait intacte. Les fouilleurs ont ainsi pu ramener au jour 850 bijoux en or 22 carats, souvent créés sous forme d'épaisses  feuilles martelées. Il y a avant tout là des créations animales. Des chevaux. Des cerfs. Des mouflons. Plus un félin à grande oreilles dont la place dans le règne animal reste à déterminer. La technique de ces objets, parfois incrustés de pierres précieuses, se révèle comme souvent éblouissante. Il y a notamment là le granulé, si difficile à obtenir dans des conditions précaires. Le four destiné à produire ces merveilles a du reste été retrouvé en partie à cent cinquante mètres du tumulus.

Pourquoi une tombe intacte? C’est la question que pose Giuseppe Mancini dans l’article en ligne de «Giornale dell’arte» du 26 novembre. Selon les archéologues, la mort devait être une personnalité extraordinaire. Il semble que sa sépulture ait été honorée très longtemps après son décès. Une partie des surabondants bijoux aurait ainsi été enterrée plus tard sous forme d’offrandes votives. On n’en saura sans doute jamais davantage. Les Scythes, parmi lesquels aurait vécu Ovide exilé bien plus tard par un édit d’Auguste, ne connaissaient pas l’écriture!

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."