Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Dario Franceschini est redevenu ministre des Biens culturels en Italie après un an d'éclipse

L'homme avait donné une bonne impression au temps de Matteo Renzi et de son successeur. Il lui faut faire énormément avec très peu d'argent. Et ce à un moment difficile.

Dario Franceschini en 2014. Il a pris de la bouteille depuis.

Crédits: DR

C'est l'éternel retour. Mais sans tambours, ni trompettes. Depuis hier, Dario Franceschini se retrouve ministre de la Culture (ou plutôt des Biens culturels et du Tourisme) en Italie. Giuseppe Conte lui a rendu son portefeuille, que le "5 Etoiles" Alberto Bonisoli aura tenu pendant un peu plus d'un an. Le temps, apparemment de commettre quelques dégâts. Il a beaucoup été question cet été dans la presse spécialisée de la nouvelle «réforme» du ministère (ou MIBAC) promue par ce monsieur. Ce n'était jamais que la huitième révolution interne en quelques années. Et son but était de mettre à mal, voire à bas, la «réforme Franceschini» de 2014. Nous sommes ici en pleine comédie italienne, pour autant qu'il y ait là de quoi rire. Pendant ce temps, justement, les institutions souffrent.

Dario Franceschini, qui va sur ses 61 ans, avait laissé une bonne impression. Clarté. Dynamisme. Volonté. Trois éléments qui font souvent défaut en politique. La Culture constitue pourtant un tout petit ministère, comme partout. Il faut cependant noter que si la France peine à lui consacrer le 1 pour-cent de son budget (pour tout dire, elle n'y arrive jamais), l'Italie ne met quasi rien dans sa tire-lire. Quelque chose comme 0,17 pour-cent. Une misère pour s'occuper d'innombrables choses, même si le pays compte beaucoup sur ses régions, ses communes et ses privés.

Une force morale

Dès lors, la force du ministre des Biens culturels (et du Tourisme donc) se révèle en grande partie morale. C'est un avis. C'est une force. C'est une présence. L'Italie avait fait très fort à la fin du millénaire dernier avec Walter Veltroni, qui était partout sur la brèche. Giovanna Melandri, qui lui a succédé jusqu'en 2001, a su prendre dignement sa succession. Et après? En bien pas d'après, mais des à peu-près. Jusqu'en 2014 rien, ce qui peut sembler long. C'est la date où Matteo Renzi a sollicité Franceschini. Le Ferrarais, qui est aussi romancier, a tenu bon par la suite avec Paolo Gentilini. Bref, il est resté en place jusqu'au séisme Matteo Salvini. Un tremblement de terre plus redoutable pour certains que ceux d'Assise ou de L'Aquila.

Alberto Bonisoli dans l'exercice de ses fonctions. Photo Vivenzo Pinto, AFP.

Evidemment, la terre reste aujourd'hui très instable sous les pieds de Franceschini. L'Italie se cherche. Côté culture, la situation semble cependant moins dramatique qu'on le dit volontiers. Les choses fonctionnent là à peu près. Il leur manque juste une ligne d'horizon. Seulement voilà! Il ne suffit pas d'avoir un capitaine. Il faut aussi que le navire tienne l'eau. Surtout dans les régions où ils entassent autant de migrants...

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