Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Criée plus "online". Les ventes de Piguet à Genève se sont très bien déroulées

Il n'y a pas eu d'enchères phénoménales entre le 29 juin et le 2 juillet. Mais énormément de lots sont partis, souvent à des prix excédant les estimations.

Le Raffaello Sorbi. Bien vendu!

Crédits: Piguet, Genève 2020.

Après Genève Enchères, Piguet. Les ventes ont continué dans notre bonne ville. Ici aussi, tout s’est bien passé entre le 29 juin et le 2 juillet. Les amateurs ont sorti leurs thunes, leurs fifrelins ou leur flouze. Les estimations ont été en général largement dépassées. Il faut aussi dire que l’on prise très bas chez nous, histoire d’écouler le plus gros pourcentage possible de lots. Il devient très difficile de faire repasser plusieurs fois ceux-ci en vacation. Internet possède une très bonne mémoire.

Piguet se dit heureux du résultat de ses ventes «online». On sait qu’il s’agit là de l’avenir pour beaucoup de maisons. Un public mondial. Plus aucun frais de catalogues papier. Ni de poste. Il passe donc dorénavant de manière générale des œuvres financièrement plus importantes en ligne. La clientèle, jusqu’ici assez âgée chez Piguet, semble suivre. Il reste de toutes manière toujours possible de glisser dans une urne son billet avec un montant maximal au moment des visites préalables. Comme au bon vieux temps des ventes silencieuse. Toujours est-il que le montant total des enchères électroniques s’est monté à 1,5 million.

De La Rive, Wagner et Lalanne

Cela fait moins bien sûr que le produit de la criée, que des gens comme moi trouvent malgré tout plus excitante. Ce dernier se monte à 2,5 millions. Il y a eu de jolis prix, mais rien de délirant. Je vais vous donner quelques résultats. La paire de paysages inédits de Pierre Louis de La Rive (1753-1817) est partie à 81 000 francs. Un chiffre remarquable au moment où le peintre genevois, jadis systématiquement acheté par la banque Mirabaud, connaît une nette éclipse. Les manuscrits wagnériens collectionnés par le banquier Philippe Gutzwiller ont totalisé 22 300 francs. Un héron en cristal de roche signé Boucheron s’est envolé à 25 000 francs.

Je termine en soulignant deux résultats. Le premier a été obtenu par un tableautin de Raffaello Sorbi (1844-1931) dans le goût du XVIIIe, proposé dans un cadre aussi rococo que possible. Cinquante mille francs. C’est beaucoup. Le second triomphe vient du petit pigeon de François-Xavier Lalanne, qui faisait la couverture du catalogue. Trente-cinq mille francs pour un modèle exécuté à 900 exemplaires. Je veux bien que le couple Lalanne soit en ce moment au sommet de la mode. Mais à ce prix là, on finit par se demander qui est le pigeon!

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