Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Coup double? Christie va proposer un autre portrait de deux personnes par Hockney

Après le record pour une piscine à 90,3 millions de dollars en novembre, il y aura en février prochain à Londres le tableau représentant Harry Geldzahler et Christoph Scott. Une toile plus difficile, d'où l'estimation "modeste" à 30 millions de livres.

Le tableau, réalisé à New York en 1969.

Crédits: David Hockney, Christie's 2018

Cela devait arriver. Vous vous souvenez sans doute qu'un tableau de David Hockney, représentant un homme nageant et un autre au bord de la piscine, s'est vendu 90,3 millions de dollars le 15 novembre à New York. Christie's avait battu du tambour les semaines précédentes. Le record avait ainsi été, en quelques sorte, prédit et annoncé. La méthode Coué.

La même maison annonce aujourd'hui la vente, fin février 2019 à Londres, d'une autre toile de l'artiste britannique mettant en scène deux personnages. Hockney avait conçu toute une série de doubles portraits à la fin des années 1960 et au début de la décennie suivante. Il s'agit cette fois de celui de Harry Geldzahler et de son partenaire de l'époque Christoph Scott. Un tableau moins glamour. Le conservateur des peintures contemporaines du Metropolitan Museum de New York et un peintre n'ayant jamais vraiment percé sont vus dans l'appartement du premier. Septième Avenue, tout de même. Le canapé a beau se révéler rose, ce n'est pas aussi sexy qu'une piscine californienne. Le prix ne devrait du coup pas se révéler le même. Christie's parle cette fois modestement de 30 millions de livres, ce qui semble coquet. Mais la maison espère sans doute davantage.

Dimension historique

Cet important tableau, de sept pieds sur dix, possède en fait une dimension esthétique et historique. Hockney, qui a donné il y a quelques années une série de portraits un peu hâtifs, se révèle ici au meilleur de sa forme. Comme le disait Geldzahler, c'est le moment «où il a cessé de vouloir être un peintre moderne pour devenir le meilleur artiste possible.» L’œuvre a en plus été réalisée en 1969, au moment où Geldzahler (1935-1994) proposait au «Met» l'exposition phare de sa carrière. Organisé pour marquer les cent ans du musée, «New York Painting and Sculpture, 1949-1970» devait prouver face au MoMA que le «Met» constituait aussi un temple de l'art contemporain. Ce fut un énorme succès.

Apparue pour la dernière fois aux enchères en 1992, la toile appartenait à un collectionneur d'art exclusivement américain, Barney A. Ebsworth. La collection de ce monsieur, mort le 9 avril 2018, est vendue par rafales depuis lors. Elle a jusqu'ici rapporté très précisément 323 508 250 dollars. Il faudra donc ajouter à ce chiffre le produit de la vacation londonienne, Hockney étant tout de même Anglais.

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