Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Comment se porte le marché de l'art? Plutôt bien selon le rapport annuel produit pour "Art/Basel"!

Clare McAndrew a une fois de plus tenté de décrypter les tendances. Les "millenials" sont devenus les plus gros acheteurs. Les grosses galeries respirent. Le Net cartonne.

Clare McAndrew.

Crédits: Art/Basel.

C’est l’habituelle litanie de chiffres, auxquels ont tente de faire dire de choses. «Art/Basel» ayant finalement eu lieu en septembre, comme je vous lai raconté, il fallait que Clare McAndrew livre son habituel rapport sur le marché de l’art subventionné par la foire en question et UBS. La spécialiste de l’économie artistique a comme toujours noyé le poisson sous un flot de renseignements à la fois complexes et contradictoires. Oui, mais, par contre et je vous en passe…

Alors comment se porte le marché, selon l’Irlandaise et son équipe de joyeux comptables? Finalement plutôt bien, étant donné les circonstances. Alors que la pandémie n’est pas terminée et que les experts financiers nous annoncent régulièrement un krach boursier, le choc semble avoir été plutôt bien encaissé. Ce sont cette fois les «millenials» (27-41 ans) qui ont fait tourner la roue. Ils ont acheté depuis un an en moyenne deux fois plus que les membres de la Génération X (42-56 ans) et quatre fois davantage que les «baby boomers» (55-77 ans). Au-delà, je ne sais pas. Pour Clare, on doit déjà être morts, sans doute. Mais il me semble toujours exister des collectionneurs très âgés. J’en ai même vu à Bâle en septembre.

Les NFT sont encore des gadgets

L’essentiel du rapport, si j’ai bien compris la nouvelle que j’ai lue sur le site de «Il Giornale dell’arte», provient des réponses fournies par 700 galeristes internationaux. D’une manière générale, ils auraient gagné 10 pourcent de plus qu’en 2020. Mais attention! Ce sont ceux encaissant plus de dix millions de dollars par an qui s’en seraient le mieux tiré. La baisse moyenne ayant été de moins 20 pourcent en 2020, ils connaîtraient même un petit pourcent de montée par rapport à 2019. Leur chiffre d’affaires aurait en effet augmenté de 21 pourcent. Les galeristes moyens ont en revanche vu leur volume d’affaires diminuer encore de 3 pourcent. Pour les petits, qui se contentent de moins de 250 000 dollars par an, rien n’aurait changé depuis douze mois.

Inutile de dire que la part d’acquisitions faites en ligne a considérablement cru. Le Net représente désormais le tiers du marché. Faut-il voir un lien? Des œuvres peu matérielles comme le vidéo ont vu leur marché enfin décoller. Il a augmenté de manière à former un 12 pourcent du grand total. Les NFT dont tout le monde parle (et en particulier les journalistes!) occupent par contre une position encore marginale. Moins de 0,5 pourcent de la masse globale. Pour Clare McAndrew, il n’en s’agit pas moins d’un secteur à surveiller de près.

Des bombes fumigènes?

Reste qu’il est permis de se poser des questions sur ces résultats. Je connais peu de marchands disant la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Comme au tribunal. Je ne voudrais pas être méchant. Mais ces fameux rapports ont à mon avis un petit air de bombes fumigènes.

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