Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Claudia Cardinale vend une partie de sa garde-robe de star chez Sotheby's

La vacation a lieu en ligne seulement, mais les robes sont exposées à Paris. Il y a là les grands noms de la couture italienne des années 1960.

Claudia au début des années 1960.

Crédits: DR

Cela devait arriver. Catherine Deneuve a très bien vendu chez Christie's la garde-robe conservée dans sa maison de campagne. Un ensemble entièrement signé Yves Saint Laurent. Claudia Cardinale propose du coup la sienne chez Sotheby's Paris. C'est en effet rue Saint-Honoré que le public peut réellement voir les robes jusqu'au 4 juillet. Les enchères se déroulent en revanche entièrement sur le Net. Une formule assez peu glamour. Les amateurs ont jusqu'au 9 pour se déclarer. Les estimations tournent autour de quelques milliers d'euros par pièce. La provenance ne possède hélas plus rien de mythique. L'étoile de Claudia, aujourd'hui âgée de 81 ans, a terni dès la fin des années 1960. Ses grands rôles remontent presque tous à l'époque où elle était la compagne du grand producteur Franco Cristaldi, l'homme de la Vides.

Si Paris sert de base à la dispersion, les vêtements portent presque tous des griffes italiennes. Bien que née en Tunisie, l'actrice a avant tout fait carrière à Cinecittà. Elle était arrivée à Rome au bon moment. Celui où elle pouvait tourner sous la direction de Luchio Visconti et de Federico Fellini bien sûr, mais aussi de Luigi Comencini, Mauro Bolognini, Valerio Zurlini, Mario Monicelli ou Sergio Leone. Pour les grandes occasion, cette actrice au train de vie moins star que Sophia Loren, Silvana Mangano ou Gina Lollobrigida, portait des créations assez simples. On retrouve au catalogue, comportant 131 numéros, les noms de Pino Lancetti, de Barocco, d'Emilio Schuberth ou du grand Roberto Capucci. Mais sans rien d'ébouriffant. Claudia avait aussi acheté chez deux mondaines de la couture «Made in Italy». Je veux parler de Marina Lante della Rovere, dont le mari avait le pape Jules II dans son arbre généalogique, et de la princesse Irène Galitzine.

L'une des images actuelles les plus flatteuses de Claudia. Photo AFP.

Pour les institution françaises, qui ne possèdent quasi rien en matière de mode transalpine, la vente pourrait donner lieu à quelques jolis achats avec une bonne provenance. Mais tout cela reste bien sage, alors que les défilés romains proposaient à la même époque des pièces pour le moins étonnantes.

Pratique

Jusqu'au 9 juillet, site www.sothebys.com

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