Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Christie's va organiser une vente mondiale passant par quatre villes clefs

Les enchères débuteront à Hongkong pour continuer par Paris, Londres et New York. Cette "global sale" se déroulera en temps réel le 10 juillet. Internet et téléphones.

"Les femmes d'Alger" de Pablo Picasso, version F.

Crédits: Succession Pablo Picasso, Christie's 2020.

Je vous avait parlé du gros diamant que Christie’s vendra bientôt en ligne. Une date à marquer d'une pierre blanche. C'est son lot le plus cher lâché jusqu’ici sur le Net. Mais décidément, la multinationale innove. Le 10 juillet elle va proposer un exercice digne du Cirque Barnum et de ses trapézistes. Une vente en temps réel commencera à Hongkong pour continuer dans la journée à Paris, Londres et New York. A chaque fois, les enchères se verront prononcées dans la monnaie locale, portées par des commissaires-priseurs du plus haut niveau. L’événement remplacera la vacation de New York, prévue pour le 22 juin.

Inutile de dire que le haut personnel de Christie’s se rengorge de l’idée de "New Global 20th Century Art Sale", qu’il a bien sûr l’air de trouver géniale. L’illustre maison fonctionne à l’auto-promotion. Giovanna Bartazzoni, qui s’occupe de peinture moderne, assure que ce marathon «correspond à la façon dont les clients collectionnent aujourd’hui.» Des gens très riches, bien entendu. Mais il y a longtemps que les acquéreurs modestes n’intéressent plus la maison d’enchères, qui se focalise sur les «highlights». En dessous de dix millions de dollars, un lot n’existe presque plus. L’essentiel est aujourd’hui d’être «adaptable, inclusive, engaging.»

Picasso en vedette

Christie’s annonce déjà quatre vedettes pour le 10 juillet. Une broutille de Zao Wou-ki à dix millions seulement. Un nu de Roy Lichtenchtein, qui devrait rapporter 30 millions. «Annie» d’Ed Ruscha, dont les cinq lettres rouges sur fond jaune sont estimées entre 20 et 30 millions. Et, cerise sur le gâteau, la version F des «Femmes d’Alger», peinte par Picasso d’après Delacroix en 1954-1955. L’œuvre, qui a appartenu à Sally et Victor Ganz, se voit modestement prisée 20 millions de dollars. Mais tout le monde se souvient qu’en 2017 une toile sœur avait atteint le prix fantastique de 179 millions. Il faut dire que 2017 laisse le souvenir d’une grande année. Du moins pour ce qui est des records en peinture.

Pour miser, si la chose vous intéresse, il y aura la possibilité en ligne et les téléphones, en réservant bien sûr une ligne. Si l’état sanitaire le permet, Christie’s autorisera l’entrée de quelques personnes dans les salles. On verra bien.

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