Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Christie's a proposé en "live" le 23 juin "The Federer Collection". La suite "online"

Le champion de tennis vend ses souvenirs au profit de sa fondation pour l'enfance. Les prix ont flambé. Le marché adore ce genre d'"events".

La mise en place de l'exposition à Londres.

Crédits: Getty Images

Il y a des ventes aux enchères pour tout, et même le reste. Chez Christie’s et Sotheby’s, ou en France au sein de la maison Artcurial, l’événementiel commence à l’emporter sur l’artistique. Plus glamour. Plus vendeur. Plus médiatique. Il s’agit de créer des «coups». Le plus souvent personnalisés. Se verront ainsi vendus les bijoux de Liz Taylor, les robes Saint Laurent de Catherine Deneuve ou des «sneakers» portés par des vedettes du sport ou du rap. L’idée est aussi de se créer de nouveaux clients, plus riches et moins cultivés.

Le 23 juin a ainsi été proposée à Londres «The Roger Federer Collection». Chez Christie’s. N’imaginez pas des œuvres acquises et conservées par le joueur de tennis suisse. L’homme a en fait vidé une partie du contenu de ses armoires. Il mettait à l’encan au profit de sa fondation pour l’éducation, active chez nous comme en Afrique, quelques lots de prestige. Il fallait que la vacation, menée par Sussi Pylkkänen, le Global President de la firme, reste courte. Les «events» de Christie’s ou de Sotheby’s comprennent de moins en moins de lots. Celui-ci n’en comptait que vingt, ce qui constitue une sorte de record. Moins semble difficilement possible.

Dépouilles devenues reliques

Les «fans» se sont bien sûr arraché ces dépouilles, considérées comme des reliques. Le total recueilli a été quatre fois plus important que prévu avec 1 329 375 livres, taxes comprises. Les deux pièces les plus prisées ont été vendues chacune à 150 000 livres. C’étaient le maillot et la raquette de l’Open de France 2009 et de ceux de Wimbledon 2007. Le 84 pourcent des 20 lots (le mot pourcentage semble ici absurde!) a dépassé son estimation. Le 61 pourcent des acheteurs n’avait jamais misé chez Christie’s. C’est la bonne opération pour tout le monde. Le joueur s’est ainsi félicité de l’argent récolté, même s’il n’en manque pas pour aider sa fondation à vivre.

Tout n’est pas fini. Selon une formule désormais bien rodée, la vente «live» sert en fait de produit d’appel pour celle «online». Roger Federer propose ici non pas vingt mais trois cent lots. Les amateurs ont jusqu’au 13 et 14 juillet pour se manifester. La balle est dans leur camp.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."