Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Chiffres de 2019. Le Louvre a connu à Paris une légère baisse de fréquentation

L'année 2018 s'était terminée sur le chiffre inouï de 10,2 millions. Il est pour 2019 de 9,6 "seulement". La faute aux grèves. A part cela, le musée reste assez mal tenu.

Autour de Mona Lisa, qui n'a pas encore sur l'image son nouveau décor bleu nuit.

Crédits: Essentiel de Baar, photo manipulée.

Le chiffre est attendu chaque début d’année, comme désormais celui des records de température. Combien le Louvre a-t-il accueilli de visiteurs durant les douze mois précédents? La réponse 2019 est désormais connue. 9,6 millions. Un chiffre énorme, mais qui n’en déçoit pas moins certains (1). En 2018, millésime «boosté» par un«clip» réussi de Beyoncé et de Jay-Z, vu par 150 millions de Terriens (et peut-être quelques extra-terrestres), le musée avait accueilli 10,2 millions de curieux. Un record absolu non seulement pour l’institution française, mais sur le plan mondial. On avait alors parlé de point de saturation.

Que s’est-il passé? En 2019, année où Paris fêtait les 30 ans de sa Pyramide, il y a eu les grèves. Elles ont «impacté», comme on dit maintenant en France, la plupart des lieux publics. Le tourisme en a souffert. Or trois visiteurs sur quatre du Louvre viennent de l’étranger. Une proportion exceptionnelle, comme celle des jeunes. Un membre sur deux du public a moins de 30 ans. L’exposition Léonard de Vinci qui ne m’a pas semblé si formidable que cela (mais que cela reste entre nous!), ne touche qu’une petite partie de la clientèle. Celle-ci vient ici, comme aux Offices ou au Prado, pour la collection permanente. Je rappelle que l’exposition Vinci oblige à une réservation obligatoire. Une chose qui a failli se voir étendre à l’ensemble du musée. Cette idée démentielle (la moitié des salles reste en réalité vides) s’est cependant vue abandonnée.

Bientôt la Galerie d'Apollon

A part cela, le Louvre demeure toujours aussi bordélique, avec des espaces fermés on ne sait trop pourquoi, des œuvres absentes pour prêts des murs qui ne sont pas remplacées et un accueil pas toujours aimable. Les travaux de réfection des espaces permanents n’aboutissent pas forcément à des résultats merveilleux. On le verra le 15 janvier avec la réouverture de la Galerie d’Apollon, dont les nouveaux aménagements n’ont pas séduit toute la presse. Les éclairages demeurent par ailleurs désastreux. La propreté douteuse. Le Louvre ne donne pas l’impression d’être un musée «bien tenu», comme par exemple la National Gallery de Londres.

Et ailleurs? Les premiers chiffres sont tombés. Pour le Musée de l’Armée, ils se révèlent excellents: 1 252 095 personnes. Le Petit Palais en arrive à 950 288. C'est bien. Le château de Fontainebleau (difficilement accessible) à 530 000. Les autres résultats, dont certains me semblent parfois gonflés, devraient se voir connus ces prochains jours.

(1) 9,6 revient au chiffre de 2012, quand Henri Loyrette était encore directeur du Louvre.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."