Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

CATALOGUES/Du baroque parisien au pavé genevois sur Roberto Cuoghi

Crédits: Petit Palais, Paris

La plupart des livres paraissant sur l'art sont en fait des catalogues d'expositions, ou du moins des ouvrages édités à l'occasion de l'une d'elles. Leur contenu est frais. Actuel. Il s'agit en général d'un travail collectif, avec les problèmes que cela peut poser en cas de faible concertation. Il y a alors des lacunes et des redondances. Fatalement subventionnées, ces publications sont considérées comme une concurrence déloyale par les maisons classiques, qui doivent vendre leurs produits nettement plus cher. Il y a bien là une forme de «dumping». Certains titres sont proposés à perte, dans la mesure où leur fabrication entre dans les crédits de fonctionnement du musée. 

Au départ petits, les catalogues ont pris de l'extension et du poids avec les ans. On assiste parfois la sortie de véritables «monstres», le pire cas genevois restant celui d'«Alexandrie, la divine» à la Fondation Bodmer, pourtant privée. Deux volumes dans un coffret. Huit kilos. Je note que les tarifs des catalogues de musée se révèlent plutôt à la baisse par rapport aux années 90. Il est devenu exceptionnel, en France, que l'un d'eux excède les 39 euros, cette somme passant pour un maximum auprès de la clientèle. Il n'existe en revanche aucun poids fixe. Il semble permis de le regretter. Aucun touriste n'achètera un machin faisant plus de trois kilos. D'une manière générale, les ventes sont du reste à la baisse. On considérait naguère qu'un visiteur sur dix repartait avec son paquet sous le bras. On va gentiment vers le un pour-cent. Il faut dire que l'offre s'adresse toujours aux mêmes personnes, les visiteurs de fond, et que les bibliothèques se réduisent dans les appartements. Je vais quand même vous proposer aujourd'hui trois nouveautés importantes.

Eglises parisiennes au XVIIIe siècle

Commençons par celle du Petit Palais parisien sur «Le baroque des Lumières». Une spectaculaire présentation des tableaux réalisés au XVIIIe siècle pour les églises de la capitale, dont je vous ai dit grand bien. Des spécialistes de la question, de Christine Gouzi à Guillaume Kazerouni, ont planché sur la rédaction. Il s'agit d'un catalogue à la française. L'accent principal demeure donc mis sur les pièces présentée, analysées un à une, avec toutes les notes de référence voulues: historique, expositions, bibliographie, œuvres en rapport. Pas de verbiage. D'excellents textes. Précis. Documentés. Un bon investissement, même s'il s'agit d'un objet à 49,90 euros. In existe peu de choses sur Simon Julien ou Etienne de Lavallée-Poussin. (ParisMusées, 369 pages). 

Avec «Diapositive, Histoire de la photographie projetée», qui occupe les cimaises de l'Elysée lausannois depuis quelques jours, le public a davantage affaire à un livre qu'à une présentation temporaire dans une intitution. Le sujet a peu été traité. Il se révèle pourtant d'importance. Héritière de la lanterne magique, la projection photographique a connu de beaux jours avant de se voir récupérée par des plasticiens contemporains. Elle a servi à l'enseignement, à des conférences du type «Connaissance du monde» comme à nourrir les soirées des photographes amateurs. Ces derniers imposaient du coup à leurs amis l'ensemble de leur production. Le livre est bien sûr collectif. Il a paru chez Noir sur Blanc et comporte 240 pages.

La "Perla" en anglais

Le Centre d'art contemporain (CAC) genevois a présenté il y a peu «Perla Pollina» de l'Italien Roberto Cuoghi. Il s'agissait de la première étape d'une rétrospective destinée à voyager. Elle se trouve en ce moment à Naples. Elle partira ensuite pour Cologne. Manquait le livre d'accompagnement. Le voici. Il s'agit d'un pavé toilé de noir, conçu par Andrea Bellini, le patron du CAC. Le texte, peu abondant, est en anglais. Plusieurs rédacteurs (Anthony Huberman, Andrea Cortellessa, Charlotte Laubard, Yorgos Tzirtzilakis...) signent un chapitre. La part belle se voit faite à l'illustration, généralement en pleine page, voire étirée sur une double page. Il s'agit presque d'une œuvre en soi. La maison d'édition responsable est Hatje Cantz de Berlin. Il y a 496 pages.

Photo (Petit Palais, Paris): L'Assomption de la Vierge. Esquisse de François Lemoine pour l'église Saint-Sulpice.

Texte intercalaire.

 

 

 

 

 

 

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