Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Carouge propose les "Dessins croisés" d'Aline Favre et d'Arié Dzierlatka

La céramiste et le musicien, qui ont vécu ensemble, dessinaient chacun de leur côté. Les galeries Marianne Brand et Ligne Treize retracent aujourd'hui leur parcours commun.

Une pièce caractéristique de l'oeuvre de maturité d'Aline Favre.

Crédits: Succession Aline Favre, DR

Ce sont des retrouvailles posthumes, organisées grâce à leur fils Nicolas. Aline Favre s'en est allée en 2013. Son ancien compagnon Arié Dzielartka est parti en 2015. Ils ont non seulement partagé une vie commune, mais leur passion de la musique. Elle était professionnelle pour Arié, à qui l'on doit notamment les bandes sonores de films signés Tanner, Soutter ou Goretta. Elle restait discrète chez Aline, devenue «la grande dame de la céramique romande», pour autant que ce genre d'appellation signifie encore quelque chose.

L'exposition se révèle double à tous les sens du terme. Elle s'intitule d'abord «Dessins croisés» (et non pas destins croisés). Il y a chez les personnes honorées deux expressions, le papier constituant l'une d'elles. Il aura enfin fallu deux galeries pour abriter l'ensemble. Soyons justes, elles voisinent à Carouge. Marianne Brand et Véronique Philippe-Gache de Ligne Treize se trouvent rue Ancienne. Elle s'y font presque vis-à-vis. Chacune garde ici sa spécificité. Marianne reste davantage poterie. Il y a donc chez elle de nombreuses pièces d'Aline. Elles vont de ses débuts avec Florent Zeller, quand elle faisait encore de l'utilitaire parallèlement à son enseignement aux Beaux-Arts, jusqu'aux grandes pièces des années 1990. Des sculptures nées après son expérience californienne. Chez Véronique, le visiteur retrouvera plutôt des dessins. Il y a aux murs ceux d'Aline comme ceux d'Arié. Des styles très différents. Elle trace des traits. Il remplit de couleurs des surfaces. J'avoue éprouver plus de mal pour le suivre dans ce qui se voulait pourtant davantage qu'un violon d'Ingres.

Un parcours complet

C'est un plaisir que de retrouver Aline après sa grande exposition de l'Ariana en 2004. Je n'avais plus revu depuis les années 1970 les pièces du début, pourtant produites de manière quasi industrielles pour des boutiques allant jusqu'en Suisse alémanique. Elles tiennent drôlement bien le coup. Marianne propose aussi des mini-sculptures de la fin, quand l'artiste septuagénaire devait voir plus petit. Et surtout plus léger. Un utile complément aux grandes pièces en deux parties (encore deux!), pourtant lourdes, où la matière de l'élément du dessus semble s'envoler comme un oiseau.

Pratique

«Dessins croisés», galerie Marianne Brand,, 20, rue Ancienne, tél. 022 301 34 57, site www.galeriembrand.ch et Ligne Treize, 29, rue Ancienne, tél. 022 301 42 30, site www.galerielignetreize.ch jusqu'au 23 décembre. Ouvert les mercredi, jeudi et vendredi de 14h30 à 18h30. Le samedi et le dimanche de 10h à 17h.

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