Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Carouge et Genève en même temps. Coup double pour le photographe Jacques Pugin

Le Fribourgeois est présent chez Krisal à Carouge avec ses vaches. Il inaugure aussi à Genève la galerie suisse de la Parisienne Esther Woerdehoff.

Une désalpe de Jacques Pugin.

Crédits: Jacques Pugin.

On connaît bien Jacques Pugin. Depuis le temps… En ce début d’été, le photographe met cependant les bouchées doubles. Il se retrouve à la fois chez Krisal à Carouge et dans la galerie que vient d’ouvrir aux Bains Esther Woerdehoff. Il faut dire que le Fribourgeois, aujourd’hui âgé de 67 ans, montre des images différentes dans les deux lieux. Une manière de se diversifier, même si l’ouvrage publié sous la direction d’Esther à l’occasion de la rétrospective Pugin au Musée Gruérien de Bulle en 2020 opère le lien. En 240 pages, il y a ici un peu de tout comme dans les grands magasins.

Carouge, d’abord. Christine Ventouras renaît chez Krisal. C’est son premier accrochage sérieux depuis des mois et des mois. Il y a là «La désalpe», avec ce que la chose suppose comme armaillis en habits de fête et de vaches elles aussi endimanchées. Il ne s’agit pas d’images réalistes, mais de bidouillages. Pugin aime ainsi intervenir avant la prise de vue (ainsi qu’il l’a fait avec ses «lights paintings»). Ou alors après. Les cortèges ont été immortalisés dans les rues de Bulle avant que leurs participant.e.s se voient détouré.e.s et incrusté.e.s dans des vues tirées de GoogleMap. Le tout s’est enfin vu tiré sur toile, à la manière de tableaux. L’ensemble se veut à la fois traditionnel et néo-technologique. Tous les mariages ne sont pas réussis. Celui-ci sent l’effort.

Un petit espace aux Bains

Pour voir la suite à Genève, il faut se montrer astucieux. L’espace d’Esther Woerdehoff, qui a inauguré son nouveau lieu le 10 juin, se voit vaguement mentionné sur le site de la galerie parisienne. Il n’y a pas de photo de Jacques Pugin sur l’affiche, mais un cliché représentant une tulipe stylisée. La Française nous fait sans doute une fleur. Elle a en plus choisi de s’installer dans une rue, aussi peu passante que possible, venant de changer de nom. L’oublié Bergalonne a fait place à Marguerite Dellenbach, qui fut longtemps directrice du MEG tout proche. Il s’appelait alors le Musée d’ethnographie. Autant dire que le message n’a pas encore passé.

Minuscule, le lieu se double il est vrai d’un sous-sol, auquel on accède par une rampe vitrée. Il y a là de quoi montrer un certain nombre d’œuvres de Jacques Pugin, dont ses glaciers (c'est ce qu'il y a de mieux) et quelques «light paintings». Présentation minimale. Aucune date de clôture annoncée (je me suis renseigné, ce serait le 10 juillet). Les prix se révèlent en revanche coquets.

Pratique

«Jacques Pugin, La désalpe 2.0», galerie Krisal, 25, rue du Pont-Neuf, Carouge jusqu’au 3 juillet. Tél. 022 301 21 88, site www.krisal.com Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 18h30, le samedi de 13h à 17h. «Jacques Pugin», galerie Esther Woerdehoff 3, rue Marguerite-Dellenbach, Genève, jusqu’au 10 juillet. Téléphone non indiqué, site www.ewgalerie.com Ouvert du mercredi au samedi de 12h à 19h.

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