Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BRUXELLES/Cultures rassemble aux Sablons les amateurs d'art exotique

Crédits: DR

Bleu, jaune et rouge. Les trois couleurs primaires. Ce sont elles qui guidaient l'amateur entre le 7 et le 11 juin aux Sablons de Bruxelles. Elles seules, hélas, chacune indiquant une spécialité. Personne n'avait pensé à faire un plan des galeries participant à l'événement «Cultures» de Bruxelles. J'ai fini par en trouver un, quelque part dans le gros catalogue commun. Peu pratique... Comme souvent en Belgique, c'est l'intendance qui péchait. Un tort. La manifestation qui fédère depuis deux ans une foire d'art non européen, une autre d'art tribal et une dernière d'archéologie aurait besoin de visibilité. 

On ne peut pas dire que les foules aient envahi les galeries spécialisées et celles qui accueillaient (contre finances, of course) un confrère ou une consœur. Quand j'y suis allé, le second jour, je me suis retrouvé presque seul dans certaines boutiques, Bruxelles conservant pour l'instant un nombre important d'antiquaires dans le même quartier, fait de petites maisons anciennes. La chose confirme le déclin de la place belge sur le marché non-européen ou antique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Il y avait 77 marchands en 2015, 68 en 2016 et 61 en 2017. Officiellement, selon le directeur Serge Schoffel, président du Bruneaf, il s'agit d'épurer. D'écrémer. Seuls les meilleurs devraient avoir ici leur place.

La concurrence de Paris 

C'est bien sûr là un voile pudique. Pour les arts non-européens, le Parcours des mondes, début septembre à Paris, s'est depuis longtemps imposé comme la manifestation de référence avec le même type de programmation Rive Gauche. Depuis 2015, ce rendez-vous africain et océanien attirant le mode entier (beaucoup d'Américains notamment) accueille aussi l'Asie classique: Chine, Japon ou Corée. Y manque encore l'archéologie classique. Mais il s'agit là d'un marché résiduel vu la dureté des lois sur le pillage des sites, voire sur la simple traversée (légale) des frontières. Du reste, la Bruneaf n'accueillait que 9 spécialistes en la matière, soit deux de moins qu'en 2016. La preuve semble faite. Il n'y a pas de place pour deux rendez-vous identiques en trois mois. 

Celui de juin ne restait pas sans charme. Il y avait de très belles pièces, avec des prix moyens allant de 50 000 à 100 000 euros. Rien n'était cependant fait pour attirer le novice. Très peu de tarifs affichés. Guère plus d'étiquettes. Le visiteur était supposé tout savoir, afin de tout deviner. Cette pratique élitaire, que maintient aussi parfois le Parcours parisien, devient difficilement défendable. Chacun a un droit légitime à l'information, et ce sans toujours questionner un marchand (ou une assistante) à l'amabilité variable. A Paris-Tableau-Bruxelles, non loin delà et presque aux mêmes dates, il y avait toutes les indications voulues. Sauf les prix, à une ou deux exceptions près. Mais la Belgique comme la France sont des pays à l'argent discret. On se montre bien plus ouvert dans les territoires anglo-saxons...

Photo (DR): Le sigle de la manifestation bruxelloise.

Texte intercalaire.

 

 

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