Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Bex & Arts est une affaire qui roule. Catherine Bolle est une nouvelle fois à la barre

La Vaudoise s'y est prise à l'avance. Le 31 mars, tout (ou presque) était prêt pour cette triennale de la sculpture suisse contemporaine. Rencontre avec la commissaire.

Catherine Bolle, dont c'est la seconde triennale.

Crédits: RTS

Comme en 2017, derrière la triennale Bex & Arts se trouve Catherine Bolle, entourée d’une petite équipe et de cinquante bénévoles Une dame du type plutôt énergique. Mais pas dirigiste pour autant, selon elle. La Vaudoise a ainsi mis provisoirement sa propre carrière de plasticienne sinon entre parenthèses, du moins en sourdine. Organiser prend du temps, surtout cette année! Mais comment se sont au fait passées les choses, qui se sont terminées dans les temps et le budget?

Catherine Bolle, de quelle manière se passe la mise sur pied d’une édition de Bex & Arts?
Il n’y a pas de concours. L’idée est de laisser libres les artistes que j’ai choisis. Notre équipe est là pour les épauler. Leur proposer des solutions. Il faut donc se donner et leur donner du temps. La chose implique de commencer très en avance, afin que tout se passe de manière harmonieuse.

Et cette année?
Nous étions prêts à 99 pour-cent le 31 mars. Tout était en place, à part l’œuvre de notre hôte chinois qui n’a pas pu venir, et dont le projet se voit aujourd’hui évoqué par une photo. Il n’y avait plus que des points de détail à régler. Il faut dire que cette triennale se limite aux créateurs suisses, ou vivant dans le pays. Il n’y avait que deux pièces élaborées à Tütlingen, juste à côté en Allemagne. Elles sont arrivées juste avant la fermeture des frontières.

Contrairement aux précédents commissaires, vous avez resserré votre sélection. Combien y a-t-il exactement d’œuvres?
Trente trois. Mais certaines ont été conçues en collaboration et il y a des réalisations en plusieurs parties. La pièce d’Yves Boucard est composée de cinq éléments distincts.

De quelle manière avez-vous procédé en amont?
Il s’agit au départ de trouver un thème, qui se verra décliné par les participants. J’ai cette fois choisi «Industria». L’idée a été communiquée au Conseil de Fondation, qui l’a acceptée. Il a ensuite fallu chercher des artistes me semblant en prise avec un tel sujet. Je ne l’ai pas fait sur une simple impulsion. J'ai tenu compte des régions linguistiques du pays. La Suisse doit se sentir représentée. Il y a aussi le problème de l’âge. J’avais bien l’intention de présenter quatre générations de créateurs. Le plus jeune a cette fois 28 ans, tandis que l’aîné en compte 86. Une tourne est enfin souhaitable, même si Olivier Estoppey est devenu emblématique de Bex & Arts. L’artiste a participé à toutes les éditions, sauf une! Il ne faut en effet pas toujours montrer les mêmes gens. Il est bon au contraire d’en introduire d’autres. Une certaine multiplicité de styles et d’approches se révèle par ailleurs nécessaires.

Et la parité?
Elle se révèle importante, bien sûr. Mais au même titre que les diversités que j’évoquais plus haut. Cela dit, je me creuse parfois la tête pour trouver un nom féminin, que je favoriserai, alors que deux autres, masculins, me viennent très vite à l’esprit. C’est ma façon de voir qui doit aussi changer.

Qui choisit où seront présentées les œuvres?
Les artistes. Je les rencontre chacun deux fois. Individuellement. Nous discutons du projet. Ils le situent dans le parc du Szilassy. Je ne leur dis pas quelle portion de terrain ont voulu les autres. Il y a très peu de conflits. Il est évidemment clair que nos invités doivent admettre que le lieu est en quelque sorte sacré. Pas question d’y intervenir d’une manière trop radicale!

C’est votre deuxième triennale…
… pas la deuxième, mais la seconde! En clair, cela signifie qu’il n’y en aura pas de troisième pour moi. Je passerai le flambeau à un autre ou à une autre commissaire. Je retournerai à ma pratique personnelle, que je n’avais pas abandonnée mais exercée à mi-temps.

Sur quel financement s’appuie Bex & Arts?
Il y a bien sûr les subventions officielles et les sponsors. Je pourrais citer l’État de Vaud, la Migros la Fondation de famille Sandoz, la Fondation Göner et bien d’autres. Notre principal capital reste cependant le crédit acquis. En quatorze éditions, la manifestation a permis la réalisation de 800 projets. Elle a été vue par plus de 20 000 adolescents. Il y a la confiance du public. Ce dernier reste essentiel pour alimenter la caisse grâce à la billetterie.

Comment se passent les choses cette année?
Mais bien! Si l’état sanitaire ne nous a pas été favorable, la météo oui. Nous accueillons chaque jour entre 100 et 300 personnes en dépit d’une publicité minimale.

Cet article suit immédiatement, dans le déroulé de cette chronique, celui consacré à Bex & Arts.

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