Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

BÂLE/Le Museum Tinguely présente le météore anglais Stephen Cripps

Crédits: VB

Ouvert en octobre 1996, un an pile avant la Fondation Beyeler, le Museum Tinguely de Bâle travaille logiquement avec des artistes se situant dans la mouvance du sculpteur. Ce fut un succès l'an dernier avec l'Anglais Michael Landy, qui a su prolonger, et surtout renouveler, l'inspiration d'un maître auquel il se réfère explicitement. L'institution a du coup pris cette année Stephen Cripps, un autre Britannique. Mais il remonte ici loin dans le temps. L'homme est mort à 30 ans en 1982, d'une addiction à la drogue. Autant dire qu'il travaillait en même temps que le Suisse. 

Dans les salles d'expositions temporaires, qu'il faut un peu chercher dans le bâtiment dessiné par Mario Botta, il y a environ 200 pièces. C'est beaucoup et peu à la fois. Cripps a surtout travaillé sur la performance, usant en abondance l'eau, le feu et le bruit. Autant dire que les dessins et études préparatoires se montrent peu parlantes. Des spectacles pyrotechniques eux-mêmes ne subsistent que des films en huit millimètres un peu, voire très flous. Même l'entretien TV de Cripps, réalisé peu avant sa mort, se révèle être une vidéo pourrie.

Un gros travail pour le visiteur 

Difficile, dans ces conditions, de se faire une idée d'un créateur très nihiliste et très destructeur. Les visiteurs (et il n'y en a pas beaucoup, même le dimanche) ne savent pas trop comment empoigner un œuvre dont ils ignorent de plus tout au départ. Parler d'un «artiste d'exception», comme le fait sur six pages le bulletin «Artinside», qui s'occupe des musées bâlois (1) ne suffit pas. Il faudrait prendre le public par la main, ce que néglige Sandra Beate Reimann. La curatrice fait trop confiance aux gens, qui passent d'un dessin à l'autre sans se pencher sur la métaphysique du jardin ou l'aspect sonore développés par Cripps. La rencontre peut dans ces conditions peut difficilement avoir lieu, et c'est bien dommage. 

(1) Pas tous les musées de Bâle! Je n'ai par exemple pas trouvé trace de l'Antikenmuseum, alors que Karlsruhe, Saint-Louis ou Baden-Baden bénéficient là d'une vitrine.

Pratique

«Stephen Cripps, Performing Machines», Museum Tinguely, 2, Paul-Sacher Anlage, Bâle, jusqu'au 1er mai. Tél. 061 681 93 20, site www.tinguely.ch Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Photo (VB):L'un des spectacles pyrotechniques de Stephen Cripps.

Texte intercalaire.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."