Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Avec "Flora Neocomensis" Olga Cafiero met en photos les plantes neuchâteloises

L'artiste a bénéficié de la troisième mission photographique du Canton. Ses images sont présentées au Musée d'art et d'histoire. Il en est de très spectaculaires.

L'une des pantes traitées par Olga Cafiero.

Crédits: Photo tirée du site de l'artiste.

Il y a longtemps qu’existent les enquêtes photographiques. Il suffit de rappeler ici la «Mission héliographique» française de 1851, qui ordonnait aux plus grands maîtres d’un art alors vieux de douze ans d’apposer sur papier salé les 175 premiers monuments historiques classés du pays. Dans un tout autre genre, durant la Grande Dépression d’après1929, la Farm Security Administration a demandé à différents artistes de montrer les effets de la crise sur les paysans américains. Il en est sorti des images inoubliables, comme celles de Dorothea Lange.

Sur un plan plus modeste et plus régional, Neuchâtel en arrive aujourd’hui à sa troisième enquête. Olga Cafiero s’est vu demander de recenser en images la flore du Canton. La lauréate a eu un an pour travailler. Basée à Lausanne, où elle s’est formée à l’ECAL, la jeune femme a mis en images 160 des quelque 2300 plantes actuellement recensées par les botanistes entre Boudry et Le Locle. Il y a là aussi bien des herbes envahissantes que des fleurs rares. L’idée n’était pas seulement d’en assurer une iconographie, mais de se livrer à divers jeux plastiques, comme celui de remonter aux origines de la photographie en posant simplement des spécimens sur du papier bleu sensibilisé.

La beauté du noir et blanc

Aujourd’hui présenté dans une grande salle au premier étage du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, le résultat se révèle par moments impressionnant. Il est bien sûr permis d’y voir parfois des coquetteries. Les simples «portraits» de fleurs souffrent aussi naturellement de l’existence précédente de ceux d’un homme comme Irving Penn. Mais Olga Cafiero a réussi de superbes panneaux en noir et blanc, au piqué impressionnant. Enormes, ils tirent chaque plante de sa réalité matérielle pour en faire des peintures presque abstraites.

Il faut évidemment, comme souvent, regretter l’existence de tout le verbiage allant autour. «Dans une démarche de représentation de sa pratique usuelle, Olga Cafiero a développé un projet à l’ancrage historique fort, effectuant des va-et-vient avec le passé, ses figures et ses objets, dont elle acquiert une connaissance solide….» Mais tout cela, mes petits lapins, cela ne veut rien dire! Arrêtez donc votre charabia! Et retroussez vos manches afin de sortir le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel de son ornière actuelle. Cela dit, l’institution nous mitonne un «Suchard et la publicité»pour le 5 septembre. J’espère que nous ne resterons pas chocolat!

Pratique

«Olga Cafiero, Flora Neocomensis»», Musée des beaux-arts, 1, esplanade Léopold-Robert, Neuchâtel, jusqu’au 27 septembre. Tél. 032 71779 20, site www.mahn.ch Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.

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