Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ArtGenève devrait avoir lieu fin janvier. Les nouveaux exposants ont été relancés

Tout reste bien sûr incertain. Mais il faut se préparer maintenant au cas où les choses deviendraient possibles. Côté succès, celui-ci semble assuré. Le marché est affamé.

Un rendez-vous annoncé. ArtGenève a pu se dérouler en 2020.

Crédits: ArtGenève

Ouf! Nous avons des nouvelles. Je ne les ai pas obtenues directement. Mon intimité avec Thomas Hug, le directeur d’ArtGenève, ne va pas jusque là. Ce sont des exposants qui m’ont tout raconté, après avoir été relancés. La foire aurait bien lieu à Palexpo du 28 au 31 janvier 2021, avec une probable journée préalable réservée aux invités. C’est cette dernière qui risque en fait de causer le plus de problèmes. Le vernissage du mercredi se révélait traditionnellement surpeuplé aux alentours de 20 heures. La chose restera impossible l’année prochaine. Il faudra trouver un système pour canaliser les hôtes, dont le principal plaisir restait tout de même de se rencontrer…

Pour le moment, tout cela demeure nébuleux. Mais nous arrivons bientôt fin novembre. C’est le moment où les organisateurs doivent savoir qui viendrait, et où les participants ont besoin d’avoir une réponse pour trouver le temps de se préparer. Les nouveaux postulants qui n’ont plus derrière eux le PAD genevois (disparu) ou la BRAFA de Bruxelles (qui n’aura pas lieu aux mêmes dates l’année prochaine) ont par ailleurs besoin d’enfin se voir éclairés sur leur sort. Oui ou non. Jusqu’ici, ArtGenève les avait laissés dans le bleu, en dépit de leurs questions. Or il semble clair que le salon aura besoin de nouveaux participants, versant leur argent (1). On imagine mal dans deux mois et demi des stands entiers venus de Paris, de Barcelone ou de Florence. Et Palexpo, qui doit tout de même viser à une certaine rentabilité, ne peut pas multiplier à l’infini les espaces non-commerciaux donnés à des institutions se consacrant à la création contemporaine.

Une édition nationale?

Il faut donc s’attendre, si tout va bien, à une foire non pas internationale, mais nationale. La chose n’offre rien de déshonorant à l’heure où les musées eux-mêmes réduisent la voilure pour leurs futures expositions. A Genève même, des poids lourds internationaux comme Gagosian ou Pace occupent en plus un strapontin. La Suisse alémanique en abrite d’autres, qui ne viennent normalement pas à ArtGenève. Seulement voilà! Cette fois, ils n’ont plus le choix, Art/Basel 2021 lui-même n'étant plus assuré. Il n’y a guère eu comme vrai rendez-vous depuis le mois de mars 2020 qu’ArtParis au Grand Palais. Cette foire de Série B a eu le cul bordé de nouilles, comme dit le vulgaire. Elle est tombée à la mi-septembre, juste au bon moment. Je vous avais donné mes impressions depuis Paris à l’époque.

Dans un contexte apparemment défavorable, ArtGenève dispose donc de solides atouts. Les marchands doivent se montrer afin de vendre, même si l’ordinateur a beaucoup servi depuis huit mois. Les amateurs ont de l’argent à dépenser, vu que leur vie coûte moins cher confiné. Il y a un vrai besoin de lien social, bien que les embrassades ne soient plus de mise. Si le Net a montré ses possibilités depuis la crise, il en a aussi illustré les limites. Qui a longtemps envie de se promener de musée en musée sans quitter son canapé? Qui s’amuse vraiment aux enchères après un certain temps en se contenant de simples clics? Qui "fait" avec plaisir les galeries sans "blablas" avec un marchand plus ou moins ami?

Prévisions impossibles

Evidemment, tout cela ne tient qu’à un fil. Quel sera l’état sanitaire fin janvier? Et qu’en déduira notre Conseil d’État? Lui qui aime en faire davantage que les autres... Je ne suis pas épidémiologue pour vous répondre. Je ne le regrette pas trop, du reste. Comme les analystes financiers, les météorologues ou les politologues, ces derniers ne tendent que trop à se tromper. Autant revenir à la bonne vieille boule de cristal! Et à un certaine modestie...

(1) En cas d’annulation, ils se verraient remboursés à 90 pour-cent.

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