Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Art/Basel se déroule en ligne jusqu'au 26 juin. Le vrai public vient après les VIP!

La foire dématérialisée a accompli de gros progrès depuis Art/Basel Hongkong en mars. Les marchands se sont vus priés par la direction d'indiquer tous leurs prix.

Art/Basel. En vrai...

Crédits: Keystone, 24 Heures.

Art/Basel est en ligne depuis le 19 juin. L’édition virtuelle remplace donc jusqu’au 26 de ce mois la version physique, repoussée à septembre, puis finalement annulée. Le site a accompli de gros progrès depuis Art/Basel Hongkong, il y a à peine trois mois. Je le sais grâce à «Giornale dell’arte», dont je tiens une nouvelle fois à souligner la qualité du travail par rapport à ses homologues français ou britanniques (il n’y a quasi pas de presse d’art allemande). Ce qui je vais vous dire sort de sa parution en ligne de vendredi.

Tout a commencé comme pour la vraie foire par deux jours réservés aux VIP, dont je fais d’habitude partie en tant que journaliste. Enormément de ceux-ci ont choisi de cliquer partout dans le monde. Ils n’ont pas été déçus cette fois. Tout a été fait pour que ces visiteurs d’un nouveau genre aient l’impression de se trouver pour de bon à la Messe bâloise. Ils voient même mieux que surplace. L’informatique leur permet d’agrandir chaque œuvre qui n’est pas, comme normalement en juin sur place, à moitié masquée par d’autres membres de l’assistance. Les internautes peuvent ainsi passer tranquillement d’une à l’autre des 285 galeries de pointe représentées. Chacune a droit à son OVR, autrement dit son Online Viewing Room.

4000 oeuvres à la fois

Il s’agit cependant d’une foire allégée. Chaque participant n’a droit qu’à quinze œuvres à la fois, ce qui en fait tout de même 4000 en même temps. Au fil du temps ou des ventes, les galeristes ont bien sûr le doit de modifier leur contenu. Une condition a été posée. Marc Spiegler, à la tête d’Art/Basel, a dit combien il avait eu de la peine à se faire entendre. Il voulait que tous les marchands indiquent les prix, ou du moins donnent une fourchette pour les œuvres les plus chères. Les sommes demandées vont de 500 dollars pour une petite estampe à 10 millions. «Giornale dell’arte»donne des exemples. Lisson propose un Anish Kapoor à 6,5 millions. Gagosian un Picasso à 4,5 millions. Nagy des dessins d’Egon Schiele (qui n’a pourtant plus rien d’un contemporain…) à 500 000. Matthew Marke des photos de Luigi Ghirri à 20 000. A tout prendre, c’est ce dernier prix qui me semble le plus cher.

Voilà. Il y a déjà eu beaucoup de Zoom avec des galeristes et des collectionneurs. J’ai cru comprendre que les rencontres et des visites guidées ont aussi été organisées. Est-ce la panacée? Dieu merci pas tout à fait. Pour Marc Spiegler, interrogé par le journal, il y a bien une «renaissance digitale». Il y aura davantage d’événements à l’avenir pour maintenir les contacts entre chacune des trois éditions annuelles (Bâle, Miami, Hongkong). L’événement «live» doit subsister. La journaliste dont je vous résume les propos se révèle bien d’accord. Si le «on-line» permet de mieux voir en répartissant ses visites sur plusieurs jours, il manque le lieu, les rencontres impromptues, l’ambiance et bien sûr la saucisse servie sur du carton avec de la salade de pommes de terre. Pour tout vous dire, j’ajouterai qu’Art/Basel remplit aussi une fonction de radio-vipère non négligeable. Sans parler bien sûr de la foire aux vanités… Où aller montrer ailleurs dans le milieu son nouveau «lifting»?

Pratique

Site www.artbasel.com/


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