Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Arles annule ses Rencontres de la photographie. Prochaine édition en 2021

Le festival aura été le dernier à céder dans le Sud de la France. Il était devenu impossible à organiser. Seule consolation, la nouvelle fait aujourd'hui l'événement.

La photo de Stéphane Gladieu qui, retournée, devait faire l'affiche des Rencontres.

Crédits: Stéphane Gladieu, Rencontre d'Arles 2020.

«Face à l’impossibilité de produire les expositions, d’équiper les lieux, face à l’interruption des échanges internationaux et en tenant compte des nouvelles recommandations du gouvernement, nous devons renoncer à organiser l’édition des Rencontres d’Arles 2020.» La phrase est longue. Elle apparaît aussi lourde de sens. Il ne se passera rien cette année, l’automne apparaissant à la fois trop lointain, lui aussi compromis et de toutes manière sans estivants.

C’est le mercredi 29 avril que le Conseil d’administration a entériné la décision, «afin de préserver son avenir» (l’avenir des Rencontres, bien sûr!). Il a fallu régler de délicates questions financières. Dirigé pour la dernière fois par Sam Stourdzé, le festival a décidé de payer les droits d’exposition aux artistes et aux commissaires. Il lui faut maintenant «trouver des solutions pour accompagner les équipes». «Accompagnement» est hélas un mot qui se voit aujourd’hui associé aux mourants. La Ville, l’État et le Département ont cependant apporté «leur soutien indéfectible» au festival. «Nous les remercions de ce geste fort qui permettra aux Rencontres d’être au rendez-vous en 2021.» Il y a là tout le verbiage voulu. Pour tout vous dire, je n’arrive plus à supporter l’expression, très française, d’«un geste fort».

Coûte que coûte

Arles aura donc cédé en dernier. Les Rencontres semblaient entrées en résistance. "Coûte que coûte". Il faut dire qu’elles se sont déroulées en continu, mais non sans accrocs, depuis 1970. Il n’en va pas de même pour Avignon, dont l’édition de 2003 s’était vue supprimée en raison des intermittents du spectacle. Une intermittence du cœur. Un point positif cependant. L’actuel arrêt se situe au moment où les Rencontres ont bien remonté la pente. Serait-il survenu vers 2005 qu’on en aurait tout simplement pas parlé dans la presse, à part peut-être dans «Le Provençal». La manifestation allait à la dérive. C’était le grand n’importe quoi. Les visiteurs, eux, avaient tout simplement cessé de se rendre dans la cité en juillet et août. La remontée se sera révélée lente, difficile, mais continue. On verra comment les choses se passeront l’an prochain, pour autant que le méchant virus ait cessé d’en faire des siennes.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."