Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Après le triomphe du jeune Picasso, la Fondation Beyeler annonce Hopper et Goya

Les périodes bleue en rose ont attiré 325 244 visiteurs. Le Kunstmuseum prolonge son actuel "Cosmos Kubimus". A Bâle, c'est l'affrontement des musées.

Une visiteuse devant "La vie" de Picasso à la Fondation Beyeler.

Crédits: Keystone

Vous le savez sans doute déjà. Les bonnes nouvelles vont parfois aussi vitre que les mauvaises. La Fondation Beyeler a reçu 335 24 visiteurs pour sa rétrospective sur «Le jeune Picasso», qui s'est terminée le 19 juin. Après prolongation. La manifestation en partie reprise du Musée d'Orsay à Paris devait initialement se clore le 26 mai. Si j'additionne, elle aura en tout touché plus d'un million de personnes, puisque l'institution parisienne a pour sa part attiré 670 370 clients. Un exploit en un temps où Picasso commence a produire un effet de saturation. Son musée parisien a trop tiré sur la corde avec les quarante expositions de son cycle hors les murs consacré à l'aspect méditerranéen du maître en 2018. Cela dit, «Cosmos Kubismus» connaît la même ferveur au Kunstmuseum, même si l'affluence reste plus modérée. Cette excellente présentation, assez différente de la version de Beaubourg, vient du coup de se voir maintenue jusqu'au 18 août. Un tour de force quand on pense au nombre des prêteurs!

La Fondation Beyeler entend bien ne pas en rester là sur le plan des «blockbusters». Certes, elle donne en ce moment dans le pointu avec un accrochage dédié à Rudolf Stingel qui, comme on nom ne le dit pas, est Italien. Stingel a eu pour lui un Palazzo Grassi à Venise. Il s'agit d'un protégé de François Pinault. Le côté contemporain se voit ainsi assuré à la Fondation, puis ce natif de Merano a aujourd'hui 63 ans. L'an prochain, les Beyeler, qui sentent de plus en plus rudement la concurrence du Kunstmuseum, dont l'annexe Museum für Gegenwartkunst vient de rouvrir rafraîchie avec un hommage au Sud-africain William Kentridge, proposera Hopper (au printemps) et Goya (en automne). L'Américain constitue une valeur sûre, bien dans la ligne classique de la maison. Pour l'Espagnol, il s'agira en revanche d'un pas de côté. Cette manifestation montée en collaboration avec le Prado de Madrid marquera une tentative dans le genre historique. Mais grand public. Contrairement à ce que l'on croit dans les corridors d'Art/Basel, la clientèle du contemporain stagne. La preuve! La foire a attiré 93 000 visiteurs, comme en 2018. Jusqu'ici Canaletto, Titien ou Velázquez n'avaient été proposés à Riehen que dans le cadre d'un thème plus général.











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