Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Vaudois Alain Huck revient à la galerie Skopia de Genève avec "Under the Volcano"

Le Veveysan propose des dessins et deux installations en hommage au célèbre roman de Malcom Lowry, sorti en 1947. Jean-Jacques Rousseau sert d'autre référence littéraire.

Les petits dessins et la cage grillagée.

Crédits: Alain Huck, Skopia, Genève 2020.

Nous sommes «Au dessous du volcan» à la galerie Skopia de Genève. Je vous rassure tout de suite. Ni le Salève, ni le Jura se sont mués en cratères fumeux. Notre ville ne va pas se transformer en moderne Pompéi. Il s’agit juste du titre de la nouvelle exposition que la galerie dédie à Alain Huck. Ce dernier propose en effet une relecture, sous forme d’installations et de dessins, du roman de Malcom Lowry sorti en 1947. J’avoue ne pas avoir d’aussi belles lectures que l’artiste veveysan. Je vois tout de même de quoi il retourne grâce au film qu’en a tiré John Huston en 1984. Le cinéaste avait l’habitude des «alcolos» tourmentés. N’avait-il pas déjà adapté vingt ans plus tôt «La nuit de l’iguane» de Tennessee Williams?

Le grand dessin avec les ronds blancs. Photo Alain Huck, Galerie Skopia, Genève 2020.

Pas besoin de connaître la trame d’«Under the Volcano» pour apprécier l’exposition que Pierre-Henri Jaccaud consacre à l’un de ses plus fidèles poulains. Le visiteur lambda retrouvera en effet là, comme il pouvait s’y attendre, deux énormes dessins sous vitres. Signe particulier, ils comportent cette fois au centre deux ronds en réserve. Tout blancs. Des caches aveugles, en quelque sorte. Il y a aussi sur une cimaise des feuilles plus petites, aux délicats traits gris. L’espace principal recèle en plus au sol une sorte de cage grillagée, genre poulets en batterie, dans laquelle brillent en lettres de néon les mots blanc «le contrat social» en hommage à Jean-Jacques Rousseau. Un autre prestigieux parrainage littéraire et politique.

Sacs de café

Dans l’autre lieu de Skopia, rue des Vieux-Grenadiers se trouve sur un grand mur une installation. Des sacs. Rien que des sacs vides. Le visiteur devine tout de suite qu’il ont contenu, ou qu’ils pourraient contenir du café. Mais attention! Certains sont authentiques et usagés. Des objets trouvés. Les autres se révèlent les inventions d’Alain Huck, qui les a annotés et datés. Ce sont ces derniers qui sont à vendre, sauf si un riche enthousiaste décidait de s’offrir le tout. Je rappelle que le café a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse dans le petit monde de l’art minimal. Il jouait ainsi un rôle considérable dans l’œuvre de Jannis Kounellis, comme en témoignait l’an dernier la rétrospective vénitienne de la Fondazione Prada.

Deux oeuvres abstraites puissamment chargées de matière. Photo Alain Huck, Galerie Skopia, Genève 2020.

L’ensemble se révèle spectaculaire. Il marque une nouvelle étape dans la collaboration entre le galeriste et le plasticien. Il y a en eu, selon le premier, une en moyenne tous les deux ans et demi. C’est ce qui s’appelle «suivre un artiste», même si celui-ci vous précède quelquefois.

Pratique

«Alain Huck, Under the Volcano», galerie Skopia, 9, rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu’au 17 octobre. Tél. 022 321 61 61, site www.skopia.ch Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 18h30, le samedi de 11h à 17h.

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