Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Aides à la culture. Des milliards pour certains pays. Des millions pour les autres...

Si l'Allemagne va injecter 50 milliards d'euros, la France en reste à quelques dizaines de millions. D'où une pétition. D'où une prochaine déclaration du gouvernement.

Monika Grütters. Madame Culture en Allemagne.

Crédits: BZ, Berlin, Archives.

Je me demandais s’ils allaient sortir. Eh bien oui! J’ai trouvé le numéro de mai de «Beaux-Arts Magazine» dans la boîte aux lettres. D’où j’en déduis que les autres revues suivent, avec les tracas dus à une poste mise en veilleuse outre Jura. Peu de chances en revanche de les trouver dans les kiosques suisses, où elles se voient vendues à des prix «boostés» par les distributeurs. Il faudra pour cela sans doute attendre juin. Restent les sites, qui tournent parfois en rond faute d’actualité.

C’est toujours parmi les petites nouvelles que je trouve mon miel. Chacun butine ici comme il le veut. Se trouvent là les événements sur lesquels j’ai en général zappé. En page 12, à la rubrique «Sur la planète», j’apprends ainsi tardivement que l’Allemagne s’apprête à consacrer 50 milliards d’euros (oui, cinquante!) à la culture en danger. La nouvelle a été annoncée le 1er avril. Elle n’en a rien d’une plaisanterie pour autant. «Les artistes sont non seulement indispensables, mais aussi vitaux, surtout maintenant», a commenté la ministre fédérale de ce secteur Monika Grütters. Il faut donc aider des individus, mais aussi des entreprises. Il y aura à la fois des couvertures de frais généraux et des prêts à longue durée. La culture devrait survivre, ce qui ne semble pas assuré ailleurs.

Indigence américaine

La revue cite ainsi le cas de la France. Vingt-deux millions d’euros avaient été débloqués au moment du bon à tirer. Deux mille fois moins. Soyons justes. Le gouvernement devrait s’exprimer tout soudain à ce propos. Début mai, donc. Espérons qu’il n’y aura pas le cafouillage habituel. L’annonce un jour, et une rectification disant le contraire le lendemain. Une pétition circulait. Je l’ai vue sur «Le Figaro». Elle agitait le pays depuis plusieurs jours. Les signataires sommaient l’exécutif de se magner l’arrière-train. La campagne n’était pas menée par des révolutionnaires, puisqu’on y voyait les noms de Catherine Deneuve, de Luc Besson ou de Patrick Bruel. C’est dire l’urgence. Outre Manche, l’Arts Council England a débloqué 190 millions de livres sterling. Voilà déjà quelque chose.

Comme je vous l’ai déjà raconté, les Etats-Unis, où la culture reste une affaire presque privée, reste à la traîne. Comme prévu. Fin mars, la manne se limitait à 300 millions à se partager entre les arts et les sciences humaines. Il y aura aussi des possibilités de crédits sous forme de prêts d’urgence ou de concessions fiscales. Il faudrait en fait, selon les estimations d’Americans for the Art, 3,6 milliards de dollars rien que pour combler les pertes du secteur culturel à but non lucratif. Et comme presque tout se veut lucratif aux USA...

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