Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

A Paris les expositions à la mode font le plein. Les salles permanentes restent vides

Redevenu local, le public se rue sur ce dont on lui parle. Autrement, il boude les institutions qui lui demandent en plus de réserver leur place pour une visite.

L'exposition "Luxe"au MAD, qui n'attire guère en ce moment les foules.

Crédits: MAD, Paris 2021.

Il y a du monde, beaucoup de monde, pour les derniers jours de «Le corps et l’âme» au Louvre». A croire que l’institution a augmenté la jauge, alors que celle-ci est supposée avoir diminué au départ à 35, puis aujourd’hui à 65 pourcent des autorisations habituelles. Une sorte de visite de la dernière chance. Certains ont en effet tardivement réalisé que l’exposition se terminait maintenant, et non pas fin juillet. D’autres la croyaient morte et enterrée depuis longtemps. Cette coproduction entre le musée parisien et le Castello Sforzesco de Milan, où elle était supposée se rendre ensuite, aurait fermé sans le confinement ses portes fin janvier déjà. Autant dire qu’elle sort aujourd’hui du congélateur.

Et ailleurs au Louvre, où la réservation à l’avance est devenue obligatoire? Eh bien, il n’y a quasi personne. Nous étions quatre en tout, vendredi dernier, à attendre de passer sous la Pyramide le contrôle Vigipirate (parce qu’il y a aussi ça!). Il était dix heures du matin. Autrement dit, à l’heure où les Américains et les groupes asiatiques faisaient naguère bouchon. J’ai vu, en passant un peu plus loin, que les caisses avaient été du coup discrètement rouvertes. Autant dire que n’importe qui peut entrer sur le champ dans les salles permanentes. Il est vrai que trois choses retiennent un public redevenu local. Il connaît (en principe) les lieux. Souvent âgé, il n’aime pas réserver, et surtout payer en ligne. Un bruit (justifié) court par ailleurs comme quoi bien des salles restent fermées.

Pinault et Beaubourg "cartonnent"

A côté, le MAD (ex-Musée des arts décoratifs), dont je vous parlerai bientôt, n’a pour sa part aucune exposition temporaire de prestige à offrir. Il y a juste le «Luxe» selon le commissaire Olivier Gabet et une importante présentation des fonds photographiques du musée. Autant dire que l’endroit reste désert. Il existe bien un théorique réservation. Mais, dans le hall, deux caissières attendent calmement qu’il se présente des chalands. Ce sont surtout les expositions nouvelles, vantées par la presse et promues par les réseaux sociaux, qui «marchent» en ce moment. Je pense à celle du Centre Pompidou (qui a enfin retrouvé son escalator en forme de chenille!) sur les femmes peintres de l’abstraction. Ou à la présentation inaugurale de la Fondation Pinault, par laquelle les billets s’arrachent. L’événement se doit d’être neuf.

Pour le reste, eh bien c’est le moment d’aller à Paris même si l’atmosphère ne m’y semble pas des plus chaleureuses. Vous trouverez sans peine une chambre dans les hôtels qui ont rouvert. Ce n’est guère ici la foule non plus. La SNCF a encore des billets dégriffés pour les jours qui viennent. La reprise reste calme.

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