<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Essor des communautés

En septembre, j’ai réussi à convaincre Pascal Meyer, le fondateur de QoQa, de réaliser une expérience pour Bilan: il a mis en vente sur son site un nombre limité d’abonnements de notre magazine à un prix très attractif. J’apprécie l’entrepreneur, qui a une énergie du diable, un charme dingue et une vista unique. Et Pascal a créé avec QoQa un site redoutablement addictif: il met en vente chaque jour un article dans des quantités limitées. Si vous n’avez pas entendu parler de lui, et de sa vente de Porsche dernier modèle au prix divisé par deux, c’est que vous étiez coupé du monde ces derniers mois. Alors que la vente de magazines constituait une première pour le site marchand, QoQa a réussi ce jour-là un coup fantastique. Non seulement Pascal et son équipe ont vendu trois fois plus d’abonnements que ce que nous avions prévu mais, surtout, le tout est parti en quelques heures (sold out à 9 h 30, l’offre avait débuté à minuit). Certes, Bilan est un excellent magazine et nous travaillons dur pour qu’il le reste. Mais la faculté qu’a QoQa d’animer avec talent une communauté de près de 100 000 membres a créé ce jour-là la différence. Rassurez-vous, je ne suis pas payé par QoQa (notez tout de même que nous avons un actionnaire en commun, Pierre Lamunière), mais la start-up basée à Renens symbolise ce renouveau de l’économie numérique. Cette fois, il ne s’agit plus simplement de technologies mais de gestion de communautés. Une approche dans laquelle, il faut le reconnaître, les entreprises de médias traditionnelles ont largement échoué. Mais pas seulement elles. Le service à la clientèle n’est souvent plus à la hauteur dans les secteurs traditionnels de l’économie et la Suisse, dont c’était longtemps un des points forts, a largement perdu de son expertise en la matière. Il suffit pour s’en persuader de penser aux clients des banques helvétiques dénoncés au fisc américain ou aux abonnés des Transports Publics Genevois, par exemple... La communauté, c’est ce qui s’appellait avant des consommateurs et ce n’est pas que de la sémantique. Vos clients veulent beaucoup plus qu’une simple prestation de votre part. Ils veulent interagir avec vous, pouvoir faire des suggestions afin d’améliorer le service et aussi échanger avec leurs alter ego. Bref, sentir qu’ils font partie d’un club dont les membres sont reconnus, appréciés et pas seulement envisagés sous l’angle du porte-monnaie. C’est la force des entreprises du monde numérique. En créant du lien, elles ont créé de la valeur: Facebook a permis la création de pas moins de 232 000 emplois indirects en Europe et Apple, dont les fans peuvent attendre toute la nuit devant un magasin un nouveau produit de la marque, détient 100 milliards de dollars en cash. Et vous, que faites-vous pour votre communauté?

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