Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Essayons de construire différemment!

Depuis la révolution industrielle, notre modèle de société est resté le même. En simplifié, il est basé sur la croissance et l’architecture pavillonnaire, le rêve où tout un chacun est propriétaire de sa maison avec son lopin de terrain. Déroulées en larges bandes comme on les voit en Angleterre, les maisons sont devenues l’archétype du rêve de la société d’après-guerre. L’insouciance était de mise et les ressources énergétiques infinies. Les bâtiments construits jusqu’à la fin des années 80 sont de véritables gouffres énergétiques. Les familles se composaient d’un couple avec plusieurs enfants, ce qui garantissait le modèle de prévoyance mis en place avec l’AVS et complété avec la LPP.

Mais voilà, depuis les chocs pétroliers successifs, force est de constater que les stocks énergétiques ne sont plus sans fin, 50% des mariages finissent par une séparation et le nombre des futurs travailleurs ne garantit plus les retraites.

En immobilier, cette réalité n’a eu aucun effet. On continue de construire selon le principe de la monoculture, comme depuis la révolution industrielle. Les nouveaux immeubles ne prennent pas en compte les modifications des structures parentales, que ce soit au niveau des mariages ou des personnes du troisième âge qui se retrouvent seules en villa ou en maison d’accueil. Ces derniers, fatigués de l’isolement que le pavillon impose et des contraintes d’entretien liées, veulent de manière accrue quitter leur maison pour rechercher des appartements, dans des ensembles de verdure, économes en énergie, sécurisés, bien desservis par les transports et proches des commerces.

Une commune à Genève a mieux entamé cette mue que les autres, c’est Collonge-Bellerive. Elle s’est développée de manière importante depuis 10 ans avec aussi bien des commerces, des bureaux que des logements. Malheureusement, les typologies des bâtiments n’ont pas évolué et aucune réflexion n’a été menée sur le mode de vie.

Jusqu’à récemment, les essais de vie en communauté ont foisonné avec entre autres le familistère de Guise, les Salines d’Arc et Senans, voire la Cité Radieuse au début du siècle dernier. De nouveaux modèles d’habitat peuvent être envisagés avec la technologie en renfort pour la communication, si nécessaire. Cela pourrait réduire fortement les factures sociales, celle existante et celle à venir. Dans un même ensemble, pour exemple, il serait possible d’inclure des commerces de proximité, des logements pour seniors autonomes, des étudiants, des familles recomposées et monoparentales. En acceptant de vivre ensemble, chacun pourrait rendre service à l’autre. Les grands périmètres qui sont actuellement à l’étude sont des occasions pour expérimenter de nouvelles propositions de vie.

Ne les manquons pas !

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