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DOCTORANT EN PHYSIQUE À L’EPFL, ENTREPRENEUR

Ingénieur-physicien et passionné de sciences, Clément développe, entre autres, des technologies quantiques, photoniques, nano et spatiales. Il est actif dans l’innovation et l’entrepreneuriat technologique, en particulier dans le domaine du hardware.


Eric Schmidt: comment booster l’innovation en Europe (et en Suisse!)

A l’occasion de la conférence Startup Fest Europe aux Pays-Bas le 24 Mai, Eric Schmidt, ex-CEO de Google et actuel président exécutif d’Alphabet (la nouvelle holding de Google), est apparu pour discuter des nouvelles tendances - de l’intelligence artificielle à la nouvelle app de Google “Allô”.

Google est actuellement dans le viseur de la Commission Européenne et l’étau s’est même resserré sur le géant américain en France ce mois-ci, soupçonné de fraude fiscale et de concurrence déloyale. Les sanctions de la part de Bruxelles s’éleveraient à plusieurs milliards.

Alors interrogé sur les difficultés de Google Ventures en Europe, Eric Schmidt n'a pas manqué de noter “qu’il y a de nombreux problèmes à résoudre en Europe”, continuant par une liste des problèmes principaux qui, selon lui, bloquent l’innovation en Europe, de l’éducation aux législations. En somme, il nous liste les conditions pour que le prochain Google soit Européen, comme le fait très adroitement le conseiller national Fathi Derder dans son livre Le prochain Google sera suisse (à dix conditions). Et le parallèle est frappant!

D’après Schmidt, nos universités sont excellentes. Et d’ailleurs les géants de la tech outre-Atlantique le savent et recrutent nos ingénieurs. Cependant, “elles sont sous-financées comparées aux universités américaines, et de beaucoup”.

Il faut en effet continuer à donner des moyens à la recherche fondamentale. Et de continuer, “il y a des zillions de lois qui font qu’il est difficile d’être un entrepreneur en Europe, n’est-ce pas. Il reste toujours bien plus difficile d’être un entrepreneur en Europe qu’aux USA - autant concernant les régulations, les conditions fiscales, le temps qu’il faut pour créer une entreprise, et la liste continue”.

De ce point de vue là, c’est ici que les politiques ont un rôle à jouer. Mais “ce qui arrive quand [Schmidt] rencontre les gouvernements, c’est qu’ils disent toujours ‘oui’ et ils écoutent très poliment. Ils sont très agréables. Les Européens sont toujours très polis. Et puis ensuite ils ne font rien”.

Schmidt encourage l’Europe à développer une culture de la prise de risque dans le business, avec moins d’interférences de la part des régulateurs. “Il y a un modèle pour l'entrepreneuriat. Il requiert du risque, des capitaux, des investissements sérieux dans les universités, et puis une sorte de tolérance envers les idées folles des jeunes qui en sortent, en leur donnant des financements de démarrage, les laisser faire, et de sortir de leur chemin.”

On y retrouve là bien un modèle importé par Patrick Aebischer qui a su hisser l’EPFL au top mondial. Fathi Derder lui aussi recommande entre autre de “donner des moyens à la recherche fondamentale”, de “doper le capital risque” et de “simplifier la vie des entrepreneurs!”

Une autre recommandation de Derder, aussi président de l’association Le Réseau, est “d’engager l’Etat et l’armée dans l’écosystème innovant”. Sur ce point, il est intéressant de noter qu’Eric Schmidt a récemment rejoint un comité de conseil pour le Pentagone américain afin de renforcer les liens entre les innovations de la Silicon Valley et l'armée américaine. En faisant de même, nous pourrions par exemple renforcer la protection de nos données, nous aussi.

“Ce modèle marche. Il a créé cette richesse extraordinaire en Amérique. C’est répétable en Europe, sans question.” Eric Schmidt remarque également que certains de nos talents s’expatrient aux USA faute de suffisamment de startups où travailler chez nous. Nous avons donc tout intéret à créer nos nouveaux Nestlé ou Novartis en Suisse et en Europe afin de pérénniser la prospérité de notre région. L’interview entière est disponible sur Youtube.

Pour les entrepreneurs en herbe qui souhaitent une compétition à la hauteur des ambitions décritent ci-dessus, il y a le Hello Tomorrow Challenge. Le Hello Tomorrow Challenge, c’est une compétition européenne de projets innovants qui a pour but de connecter, promouvoir et accélérer les jeunes talents européens décidés à résoudre les problèmes majeurs du monde d’aujourd'hui, grâce à des innovations scientifiques et technologiques. Il ne reste que deux semaines pour s’inscrire et ça en vaut la chandelle. N’hésitez pas à vous lancer et à prendre des risques!

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