Gallo Enrico

Luxe durable

Enrico M. Gallo, né à Genève, titulaire d’un Master en marketing du luxe, a collaboré pour des marques de luxe où il a acquis une vaste expérience dans le domaine de l’horlogerie et de la joaillerie.

Il conceptualise également des mouvements horlogers et a obtenu le titre de spécialiste de la Fondation de la Haute Horlogerie Academy (FHH). Il est professeur de marketing et de sustainability à l’Institut CREA de Genève, et enseigne également la technique de vente à l’European Business School.

Enrico M. Gallo est aussi membre de plusieurs lab’s actifs dans l’intelligence artificielle, le développement durable et les nouveaux alliages destinés à l’horlogerie. Passionné par l’histoire et les relations internationales, il poursuit actuellement des études au Global Studies Institute de l’Université de Genève et à la Geneva School of Diplomacy. Il est également chroniqueur contributeur à la Swiss Diplomacy Student Association.

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L'engagement planétaire pour le développement durable

Tour d'horizon sur l'un des sujets les plus discutés au cours de ses dernières années.

La notion du développement durable

Chacune et chacun sait que le terme de durabilité ou de soutenabilité (sustainability en anglais) sont des appellations utilisées à partir des années 1990 pour caractériser une nouvelle forme de comportement social, et une économie marquée par le soin de ne pas épuiser les ressources mondiales et de les utiliser de manière responsable, sans les détruire définitivement. Quant à la première formulation écrite du concept de durabilité, on la doit au Roi de France Philippe VI de Valois qui l’employa dans l’ordonnance de Brunoy, qui fut édictée en mai 1346 en vue de préserver les ressources forestières. Une politique de préservation de la forêt qui nous a conduit jusqu’au concept contemporain de développement durable.

Philippe VI de Valois


Philippe VI de Valois Roi de France né en 1293 et mort en 1350, qui utilisa en 1346 dans l'ordonnance de Brunoy, le mot «soutenir» dans un contexte environnemental et qui est repris de nos jours dans le développement durable. 

Crédit photo: Geneanet.org

Le non-respect de l'Accord de Paris

Les opposants à la durabilité ne manifestent pas dans les rues, ils sont muets et esquivent leurs responsabilités par la passivité. C’est l’inaction qui les caractérise, et leurs raisons sont prioritairement économiques mais pas uniquement. Agir pour demain s’avère bien plus délicat que consommer aujourd’hui sans réfléchir, et les résolutions sont parfois difficiles à réaliser : souvent on préfère continuer à agir de façon singulière comme on l’a toujours fait.
En matière de développement durable, ce n’est pourtant pas l’intention qui manque : plus de 60 traités ont été signés ces dernières décennies, le dernier en date est l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique. Ce dernier accord est également le texte le plus largement et le plus rapidement signé de l'histoire de l’humanité: c’est en effet le premier accord universel signé par 195 pays sur les 197. La logique voudrait donc que les pays ayant ratifié cet accord en respectent concrètement les principes. Pourtant, la plupart des signataires demeurent les concurrents de ce traité, comme nous le démontre cette carte.

Crédit image: The Universal Ecological Fund

17 objectifs de développement durable

Le 25 septembre 2015, les 193 États membres de l’ONU ont publié les 17 objectifs pour sauver le monde, et le mot clé de cette campagne est « durable » (sustainable en anglais), qui symbolise l'ambition commune planétaire des prochaines décennies. L’objectif est de sensibiliser la population aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés d’ici 2030. Pour faciliter cette sensibilisation, des symboles internationaux, sous forme de pictogrammes, ont été adoptés pour mieux retenir et intégrer les objectifs. La mise en œuvre réelle s’oppose toutefois aux bonnes intentions. Les objectifs du dévelopement durable se confrontent malheureusement à ce que beaucoup considèrent encore comme de beaux discours irréalistes. Comment mettre en œuvre ces objectifs ?

Goals durable

Crédit image: Nations Unies

La consommation comme premier geste responsable

C’est bien notre consommation qui est souvent mise en cause alors que le geste le plus simple et le plus concret est de réduire celle-ci. Les bons élèves en matière de consommation responsable sont les milléniaux, qui sont sans doute les plus regardants sur leurs habitudes de consommation et qui se tournent aussi de plus en plus vers des marques responsables. C'est également cette génération qui manifeste et qui appelle à un changement radical, car le curseur est très souvent dans le rouge, les analystes du monde entier s'accordent à dire que notre civilisation va vivre un changement catégorique si les modes de production et de consommation n'évoluent pas.

Hello I'm a millenial

Crédit image: searchenginejournal.com

Les États-Unis en tête de liste

Un rapport récent de Price Waterhouse et Coopers (PWC) a démontré que 38% des consommateurs américains ont acheté des marques qui selon eux avaient de bonnes valeurs politiques ou sociales en termes de sustainability. La moitié des personnes interrogées dans cette étude déclarent que la protection de l’environnement est plus importante que la croissance économique, et ceci malgré une situation financière difficile dans leur pays. Cependant les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis sont les plus élevées depuis 2005. Pour pallier à ce problème, la nouvelle administration du Président Joe Biden s'est engagée à réintégrer l'accord de Paris et à ramener à zéro les niveaux de pollution dans le secteur énergétique américain d’ici 2035.

Green America

Crédit photo: Sustainability Academy

L'Europe et les produits durables

Selon une étude du Comité économique social européen (CESE) réalisée en 2016, il s’avère que les participants au sondage sont disposés à payer plus cher des produits durables. Nul doute que cette part a encore augmenté depuis cinq ans. Ce déterminant vient donc confirmer que les achats « verts » ou « sustainable », sont des facteurs qui ne sont pas à négliger, bien au contraire. Les participants déclarent aussi être disposés à payer plus cher (willigness to pay) pour avoir un produit similaire (par exemple des appareils ménagers), avec une durée de vie supérieure de deux ans. En moyenne, ils déclarent être disposés à payer 102€ de plus pour cette garantie sur des appareils électroménagers dont le prix d’achat se situerait entre 300 et 500 €. Il en va de même pour des produits utilisés au quotidien tels que : les smartphones, les tenues vestimentaires, les appareils informatiques, mais aussi les valises, les chaussures, et les articles de luxe. A l’évidence, un changement important est à l’œuvre dans le mode d’une consommation plus responsable et plus respectueuse de l’environnement, s’inscrivant dans un développement durable.

Green Europe Flag

Le drapeau européen revisité pour symboliser un avenir vert                                                           

Crédit image: Comité économique social et européen

La finance et les investissements dans les énergies fossiles

Les marchés influencés par le développement durable sont nombreux, mais il en est particulièrement un qui retient toute l’attention : celui de la finance.
Proportionnellement au nombre de banques et de marchés financiers, le concept du développement durable est encore très faible. La principale problématique vient des rendements qui sont relativement importants dans les énergies non renouvelables, et qui sont composées principalement du charbon, du gaz naturel, du pétrole, mais aussi de l’énergie nucléaire. La part des énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, n’en sont qu’aux balbutiements d’une économie naissante, donc avec de faibles rendements financiers. L’opposition presque systématique des populations à la construction de champs d’éoliennes ne contribue pas à leur développement.
De nos jours, pratiquement 80 % de l’énergie totale consommée dans le monde est d'origine non renouvelable selon l’Agence internationale de l’énergie. À ce principe existe naturellement des exceptions. Ainsi, le groupe bancaire genevois Lombard Odier est sur le point de devenir une référence mondiale dans le respect environnemental, et s’avère pionnier dans l’utilisation du pouvoir d’action de la finance pour promouvoir une économie et une société durables. L’espoir est donc là de mêler marchés et développement durable.

Patrick Odier

Lettre de Patrick Odier Associé-gérant Senior du Groupe Lombard Odier

Credit image: Lombard Odier                                 

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