Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

En haut, en bas, on ne sait pas où on va, mais on y va

Mercredi, en Europe, on s’est pris une claque parce que l’on avait peur de ce qui pouvait se passer avec la Grèce. Jeudi, on a rebondi à peu près de la même amplitude avec laquelle nous avions baissé la veille: la trouille avait laissé la place à l’optimisme, à l’espoir que l’offre faite par la Grèce à l’Europe en fin de journée de ce 9 juillet serait suffisante pour trouver une solution miracle et James-Bondesque pour régler ces problèmes de bailout. Peut-être même que lundi prochain la bourse d’Athènes pourra rouvrir et peut-être même que l’on va s’en sortir.

Pour être honnête, on en sait fichtrement rien, mais comme le marché et ses intervenants ont une vision à cinq minutes, ça suffit largement pour faire rebondir le marché. Mais soyons clairs, il suffirait que Juncker ou Merkel déclare dans la journée que « l’offre de la Grèce, c’est de la daube » pour que les 2% et des poussières accumulés jeudi, retournent à la poussière, justement.

Nous en sommes donc là. Encore une fois suspendus aux lèvres de politiciens Européens, noyés dans les spéculations et les différentes interprétations de l’offre faite jeudi soir. Saoulés par cette histoire qui n’en finit pas.

Il semblerait, en tous les cas, que la proposition faite par les Grecs est un peu plus intelligente que les dernières en date et surtout, plus près des attentes de l’Eurogroup. L’Eurogroup qui a déclaré qu’ils ne feraient pas de commentaires tant que le dossier n’aura pas été évalué jusqu’au bout. Cependant, un politicien européen a savamment résumé la chose : « Il faut que les proposition de la Grèce soient le plus près possible de que ce qu’attend l’Europe pour que cela fonctionne. »

Sans blague ?

Pendant que les Européens se donnaient l’impression d’être soulagés et étaient pleins d’espoir, les Américains ne faisaient rien. Ils ont un peu bénéficié de l’enthousiasme ambiant en début de séance, avant de se dégonfler lamentablement pour terminer légèrement en hausse. Les raisons pour le manque de soutien sont nombreuses et variées, la Grèce et l’incertitude pèsent sur le moral, mais la Chine est également un problème. Depuis deux jours on a commencé à voir les « headlines » qui fleurissaient dans les médias pour nous dire que le krach n’en était qu’à son début, que l’indice chinois avait encore plein de place pour baisser, et que c’était tout pourri en Chine, que le gouvernement ne pouvait rien faire et qu’on était foutus.

Et comme par hasard, depuis hier le marché chinois est en phase de rebond. 5% hier, 5% aujourd’hui. Encore trois jours comme ça et on verra les certitudes s’envoler, comme d’habitude.

Mais bon, en attendant, aux USA, on ne sait plus à quel saint se vouer. On en est réduit à suivre l’évolution de la Grèce ou de la Chine, et plus personne ne parle de la hausse des taux et de la croissance de l’économie américaine, tout fout le camp. En plus, on est entrés en pleine période des résultats et on sent que l’on n’arrive toujours pas à se concentrer sur le sujet. La plupart des médias et des politiques européens semblent convaincus que, quoi qu’il arrive, l’affaire grecque devrait se terminer dimanche. En bien ou en mal, c’est du 50/50, mais au moins on pourra commencer à faire des calculs et des prévisions sur des faits et pas sur des suppositions et autres spéculations.

Ce vendredi matin, en tous les cas, c’est l’euphorie.

La Chine est en pleine explosion (+5%), le Hang Seng revient à la charge avec une hausse de 2% et des poussières, et le Japon est en hausse (plus timide) de 0.43%. Et en plus du bon comportement de l’Asie, les médias sont tous plutôt enthousiastes sur le contenu du plan grec.

En gros, ils proposent d’augmenter les taxes sur les compagnies maritimes, de supprimer les avantages fiscaux offerts aux îles, de monter la TVA pour les restaurants à 23% - 13% pour les hôtels, suppression des compléments retraites, couper les vivres aux militaires à hauteur de 300 millions d’ici fin 2016 – bien qu’à ce sujet on pourrait tout couper, ce serait aussi pas mal.

En échange, la Grèce demande un financement de 53.5 milliards d’Euros. Ce qui, entre nous soit dit, est beaucoup moins élevé que ce que l’on a allégrement distribué aux banques en 2008 pour réparer leurs conneries. A partir de là, Bruxelles va s’autoriser à réfléchir et communiquera son verdict durant le week-end.

Il nous reste une chose à faire : attendre. Ce n'est pas grave, on est habitués. On ne fait que ça depuis 6 mois.

Au passage, notons que l’or vaut 1160$ et refuse toujours de casser les 1150$ à la baisse. Le baril de pétrole est à 53.26$ et semble avoir stoppé sa chute libre pour le moment.

Dans les nouvelles du jour que l’on peut retenir (mis à part la Grèce et la Chine, parce qu’il faut tout de même commencer à se réhabituer à parler d’autre chose), on retiendra la liste suivante : Skyworks, Yum Brands, Qualcomm, Avago, Qorvo, Micron, Expeditors International, Texas Instruments, Mead Johnson Nutrition et Altera. Ce sont les dix compagnies les plus exposées à la Chine en termes de ventes. Retenez également que les ventes de PC sont en baisse de 9.5%, cela n’avait plus été aussi mauvais depuis 2013.

Dans les publications de résultats de la veille, ce n’est pas encore Byzance, ce n’est que le début de la saison, mais notons que jeudi soir Barracuda Networks a publié un trimestre meilleur que les attentes des analystes, mais le titre plongeait de 15% après l’annonce. Dans leur déclaration post-publication, ils ont annoncé que ce n'était « pas facile ». Forcément.

Autrement, dans les cinq nouvelles les plus populaires du Financial Times ce matin, trois parlent de la Grèce et deux de la Chine. Autant vous dire que l’on a beau faire tous les efforts du monde, on peine à trouver des sujets de conversation. Reste plus qu’à attendre. 

En ce qui concerne les chiffres économiques, nous aurons la production industrielle en France et en Italie, le Trade Balance en Angleterre et Yellen parlera aux USA. Pas de publications trimestrielles très pertinentes ce vendredi. Les futures sont en hausse de 1% alors que l’optimisme semble se répandre comme un Tsunami sur la planète finance.

L’Euro/$ est à 1.1096, le Yen vaut 121.78, le Bitcoin est à 265$ et le rendement du 10 ans américain est de 2.35%. Notre franc suisse manipulé vaut 1.0502 contre Euro.

En ce qui me concerne, la semaine est terminée, il n’y aura pas de commentaire lundi, parce que je voyage – en revanche, bien qu’en vacances, dès mardi matin je serai de retour en ligne pour vous résumer, de manière allégée, les comportements erratiques des marchés financiers. En attendant la semaine prochaine, je vous souhaite un excellent week-end et une très belle journée.

À la semaine prochaine depuis la plage

Thomas Veillet

Investir.ch                           

“A bank is a place that will lend you money if you can prove that you don’t need it.” – Bob Hope

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