Amoiel Edouard2

Chroniqueur culinaire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

Paroles de Restaurateur : Benjamin Garin

Benjamin Garin, patron de l’Odéon, revient sur sa fermeture forcée et s’improvise tout à la fois maraîcher et cuisinier de mets à emporter.

L’Odéon, c’est le bistrot de quartier que l’on aime, un lieu culte qui rassure, fédère et où il fait bon vivre. En dépit de la période difficile que traverse le secteur, impossible de supprimer du paysage gastronomique cette catégorie de restaurant. L’Odéon est un point de repère, une boussole pour les amoureux de ripailles et de joie de vivre. Le chef Benjamin Garin est capitaine à bord d’un bateau qui navigue tant bien que mal au gré des confinements, des fermetures, des plexiglas, des distanciations sociales, des gels hydroalcooliques et, pour finir, des fermetures. Alors que l’on ne voit pas (encore) la lumière au bout du tunnel, comment trouver la force pour continuer à se battre sans jamais baisser les bras ? La parole est à ce cuisinier discret, ancien disciple de l’école de la vie de Philippe Chevrier, qui s’efforce de se réinventer pour mieux exister.

Bas les Masques

Toujours la tête haute, le chef tente de garder le moral pour ses clients. « Il faut rester positif ! Pour tenir, on se dit que ça ira mieux demain » déclare-t-il d’une petite voix. Benjamin Garin met tous ses œufs dans le même panier, celui du vaccin, en espérant le voir arriver très vite sur les étalages « Encore faut-il espérer que la logistique soit plus efficace que celle des masques » plaisante-t-il avec un brin d’ironie avant de reprendre : « L’emprunt à 0% octroyé par la Confédération en mars dernier peut paraître comme une aide mais c’est loin d’être le cas si nous sommes dans l’incapacité de travailler pour pouvoir le rembourser. C’est de l’argent rapide qui nous endette encore plus ». Un sacerdoce pour l’entrepreneur qui ne sait toujours pas à ce jour comment il va s’en sortir. Pire, et comme nombre de ses confrères, le restaurateur se sent moins soutenu que lors du premier confinement. « Aucun autre gouvernement a annoncé une fermeture de restaurant un dimanche pour le lendemain ».

Marché Éphémère

Combatif jusqu’au bout de ses couteaux, Benjamin Garin se lance dans la vente à emporter afin d’éviter de licencier son personnel. Toujours pour garder le lien avec le monde extérieur, le chef installe un marché éphémère dans la salle de restaurant en collaboration avec l’Union Maraîchère Genevoise. En plus d’un plat du jour, les gens du quartier peuvent passer prendre aussi bien une soupe, des filets de perches, une salade, des carottes ou une bouteille de vin. « Le but est de s’entraider mais le plus important est de ne pas couper le lien avec l’être humain, c’est vital pour le moral ».

L’heure est au soutien et à l’entraide entre commerçants. Benjamin Garin recommande le Paris-Brest de la boulangerie Pierre & Jean, le cochon de Jussy de l’Auberge du Grand Donzel et le sauvignon blanc du Domaine des Trois Etoiles à Peissy.

L’Odéon, 60 boulevard Saint-Georges, 1205 Genève. 022 328 55 98

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