Amoiel Edouard2

Chroniqueur culinaire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

8 OAK – La Folie des Grandeurs

Avec ses viandes maturées au tarif excessif, découverte d’un Steakhouse présomptueux au décor fastueux. Le 8 Oak fera-t-il long feu ?

Crédits: ©Edouard Amoiel

Arbre

Niché près du quartier des Eaux-Vives en bordure de la rue de la Terrassière, le restaurant 8 Oak étonne et détonne. Après BEEF, Minotor Steak House ou encore Chez Philippe, le dernier né des steakhouses genevois est un drôle d’oiseau aux goûts de luxe. Ce volatile carnassier ressemble davantage à un papillon de nuit qu’à une mouette matinale. Il faut déjà le trouver le bougre… ! Semblable à un arbre déployant ses branches vers le plafond bleu foncé, un pilier central recouvert de lamelles de bois fait le décor à lui tout seul. Au bout d’une rampe en pente douce, un comptoir bovin et sa cuisine ouverte s’offrent au regard à côté d’une chambre de maturation et d’une cave à vin.

8 OAK Comptoir
©Edouard Amoiel

Rire jaune

La carte des mets affiche des prix élevés ! Certes la matière première est onéreuse mais cela justifie-t-il que le Chateaubriand soit facturé CHF 150.- et un autre en suggestion à CHF 180.- ? « Oui mais c’est pour deux personnes » nous répondra-t-on. Merci pour cette précision rassurante qui au-delà d’être une évidence peut paraître sensiblement prétentieuse, même sur le ton de la plaisanterie. La tagliata de rumsteck de bison d’origine suisse nous vaut la réflexion « il n’y en a qu’un seul abattu par mois ». Merci pour cet argument de vente imagé susceptible de couper l’appétit et agacer n’importe quelle organisation des droits des animaux. Sur la carte des mets, il n’est pas fait mention du poids des morceaux de viande correspondant au prix indiqué, hormis pour l’entrecôte Wagyu… surprenant !

8 OAK Chateaubriand
©Edouard Amoiel

Théâtre

C’est justement le Chateaubriand, le nec plus ultra du bœuf, qui fait l’unanimité malgré son tarif prohibitif. L’essentiel est que la viande soit grillée à l’extérieur, rosé à cœur, ultra tendre et goûteuse. Guidé par un jeune homme en costume cravate, un guéridon de bois surfe jusqu’à la table. Tel un chirurgien, il enfile des gants noirs pour découper le morceau choisi, le tranche, le sale et le dispose au centre de la table. Le service est théâtral mais ralentit le processus… et avec tous ces salamalecs la viande refroidit rapidement. Le résultat est tiède !

Le Mot de la Faim

Le produit doit être unique car à ce niveau il n’y a que ça de vrai ! Et pour cette pièce de viande ce ne fut pas le cas. Les saveurs bovines et la tendreté, qui font habituellement sa réputation, n’étaient pas au rendez-vous. Dommage… mais rassurons le client, il peut toujours se rabattre sur un tomahawk maturé recouvert de feuille d’or 23 carats à CHF 490.- !

8 Oak, 8 rue de la Chapelle, 1207 Genève. 022 736 88 86

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