Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

economiesuisse: une nouvelle gifle pour les libéraux-radicaux

Contesté, le grand patronat a-t-il toujours autant d’influence? Dans un dossier qui portait ce titre, Bilan narrait, il y a exactement un an, les virulentes critiques qui accablaient economiesuisse. Le malaise était alors déjà perceptible. La contestation a encore redoublé après l’échec de la campagne de la Fédération des entreprises suisses pour faire échouer l’initiative lancée par Thomas Minder pour limiter les rémunérations abusives des managers. La démission de son directeur Pascal Gentinetta et celle de son président Rudolf Wehrli ne constituent donc pas une véritable surprise. 

Pour le parti libéral-radical, dont sont issus ces deux dirigeants, c’est une nouvelle déroute. Cette dernière s’inscrit dans son long calvaire qui a commencé avec la faillite de Swissair en 2001. Au niveau politique, le PLR (Parti Libéral Radical) ne cesse de perdre des plumes dans toutes les élections (communales, cantonales et fédérales). Depuis des années, il se cherche et ne parvient pas à choisir une ligne politique claire. Ce qui trouble ses partisans, lesquels optent pour l’UDC. Déjà très présent au sein de l’Usam (Union suisse des arts et métiers) dont il détient les commandes avec le Fribourgeois Jean-François Rime, l'Union Démocratique du Centre lorgne désormais vers economiesuisse. 

Depuis des années, cette institution peine à développer une véritable stratégie. Aujourd’hui, les entreprises qu’elle représente ne s’intéressent guère à la Suisse. Dans un environnement international en plein bouleversement, economiesuisse n’a pas compris les nouvelles réalités économiques et politiques.

Dénués de tout charisme, autistes face aux critiques récurrentes, ses dirigeants manquent d’audace et de vision dans tous les domaines (abolition du secret bancaire, fin de la production nucléaire, cleantech, fiscalité, etc.). Ils se contentent de défendre des idées du passé avec souvent une prétention d'un autre temps. A leur décharge, reconnaissons qu’il est difficile, voire impossible, de parler d’une seule et même voix pour soutenir des branches aussi différentes que l’industrie des machines, l’horlogerie et la banque.

Au-delà des personnes, c’est la structure et le fonctionnement même d’economiesuisse qui sont à revoir. Cette crise met en lumière la nécessité de lancer de profondes réformes afin que les grandes entreprises helvétiques puissent défendre leurs idées. Mais ces dernières en ressentent-elles encore le besoin? Peut-être que l’Usam et ses petits patrons ont déjà pris l’avantage sur le grand patronat.

 

 

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