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CHRONIQUEUSE TENDANCES À LATÉLÉ.CH ET BLOGUEUSE POUR SECRETS OF STYLE.COM

Fashionista avertie, Florence Jacquinot est une Carrie Bradshaw Genevoise passionnée de style. Dotée d’une double Licence d'Histoire et d'Information ainsi que d'un Master en Intelligence Economique, cette ancienne dauphine de Miss France, a œuvré à la présence web de grands comptes en Suisse et aux relations publiques de marques horlogères. En 2 ans, forte d'un succès de 280 000 lecteurs, elle est passé de son propre blog aux plateaux télés romands et présente désormais une chroniqueuse tendances sur la chaîne La Télé où elle partage ses secrets de style. Retrouvez-donc ici toutes ses réflexions sur le monde de la mode.

Economie Vintage

A une époque de plein-dressing - à défaut de plein emploi - le Vintage séduit de plus en plus d’adeptes, soucieux de retrouver à prix abordable des codes esthétiques d’élégance perdue avec la mort du siècle passé. Au-delà du recyclage des vieux vêtements et des valeurs qui vont avec, que penser de cette tendance qui représente un véritable boom économique amplifié d’un indéniable avantage écologique ?

Cette semaine, salon des Jours Vintages au sein des Automnales de Palexpo. La foule qui se presse, et qui a déjà patienté en longue file d’attente jusque sur la bretelle d'autoroute qui mène à l’aéroport, débarque en 5 portes et en famille. A l’intérieur, les stands regroupent massivement l’intérêt des passants : quel engouement ! Il faut donc du temps pour se frayer un passage jusqu’à l’animation principale de la journée : le concours du Look Vintage, savamment organisé par Christophe Durand et son équipe du Bal des Créateurs à Genève, jamais en reste lorsqu’il s’agit de rendre les gens beaux !


Quinze candidats s’affairent ici et là à parfaire leur tenues aux codes empruntés à des années passées. Je suis là moi aussi, pour observer et pour juger, et j’ai la chance de tous les rencontrer : je suis juré. Je pars ainsi en privilégiée à la découverte de ce qui est pour ces candidats un univers complètement assumé, jusque sur leur lieux de travail pour la plupart, parfois même la raison de leur embauche !

J’observe, j’analyse, je m’immerge : c’est fascinant comme ces gens ne se voient plus vivre autrement ! Sans être non plus amish réfractaire à toute modernité, les plus férus font bien d’avantage qu’enfiler des vêtements : ils épousent tout un style de vie design qui devient leur identité.


Et voici des femmes qui cherchent à se féminiser quand les hommes tendent à se donner un genre; fait de jolis bas sous des robes virevoltantes pour des formes complètement valorisées pour elles ou de vestons coordonnés noeud-papillon pour eux: on se croirait en backstage de la série Mad Men ! Du sexy glamour pas vulgaire, very Dita, et de l’élégance masculine rétro plus Don Draper que démodée. Saviez-vous d’ailleurs, messieurs, que l’on trouve sur Internet des tutoriels pour s’approprier le look de Don Draper ? Que vous disais-je déjà? Un véritable engouement!

Mais alors qu’est-ce qui plaît tant à ces candidates pour qu’elles ne puissent plus vivre autrement qu’en héritières de Dita Von Teese? Bien au-delà des canons de la beauté sur papier glacé et d’un 90-60-90 démystifié dans lesquels elles ne se reconnaissent pas, il semble que tout le succès de ces looks Vintage tienne dans l’accessibilité de la beauté au plus grand nombre, qu’elles soient belles... ou pas.

Car oui de mes yeux je le constate, ces filles ont des formes, certaines même sont rondes, pas forcement dotées par mère nature de traits gracieux, mais elles refusent de se cacher. Le Vintage revient ici pour elles à couler leurs mensurations dans des vêtements qui leur vont, loin des diktats de la mode mannequin et de leurs pressions, sans renoncer au plaisir de s’habiller. Et de vous à moi, on les comprend car ça leur va tellement bien ! Une fleur dans les cheveux, une ceinture ajustée, une jupe longue, des petits talons, un rouge à lèvre, deux battements de faux cils et le tour joué est un ravissement.

Je flotte au terme de ces auditions dans un monde idéal où les valeurs de bonne éducation et de distinction ont été tellement évoquées, que je me dis que ces filles ont raison ! Au diable les looks de modeuses branchées énervées qu’on ne porte qu’une saison ! Quant aux hommes, ils ont l’allure des dandys d’aujourd’hui, avec classe et distinction, des silhouettes masculines dont on rêverait d’accrocher le bras avec prétention.

Le Vintage en conclusion ? Au-delà de ceux qui sur sa mode ne font que de l’argent, en rééditant de vieux succès, une bien belle leçon: d’humilité, d’écologie et de grande élégance. Quand on connaît l’empreinte écologique aberrante que laisse les vêtements en polyester sur la planète, on se dit qu’on va retourner nous aussi fouiller dans les vestiaires de nos parents pour en ressortir des pièces rares qui étaient souvent si bien manufacturées qu’elles sont encore des décennies plus tard impeccables.

Alors ouvrez les yeux, chers amis, dans les transports en commun, aux caisses des magasins, au cinéma ou lors de votre prochaine soirée de gala, vous allez observer que le Vintage est là tout autour de vous, parce qu’il répond tout simplement en période de crise économique et morale - le double effet Kiss Cool qui refroidit - non pas à une envie, mais à un authentique besoin.

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