Jerome Gygax

DOCTEUR EN RELATIONS INTERNATIONALES DE L’IHEID

Docteur en relations internationales de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève), Jérôme Gygax est historien, chercheur associé à la fondation Pierre du Bois pour l’histoire du temps présent. Ses travaux portent sur l’histoire des idées, les nouvelles formes de diplomatie, l’utilisation des médias dans la naissance du soft power. Il s’intéresse aux relations entre le secteur public et privé, au rôle des réseaux et leur impact dans la politique internationale.

Publications récentes : Jérôme Gygax et Nancy Snow, « 9/11 and the Advent of Total Diplomacy : Strategic Communications as a primary Weapon of War » ds Journal of 9/11 Studies, Vol 38, July 2013 ; J. Gygax, Olympisme et Guerre froide culturelle, le prix de la victoire américaine, Paris, L’Harmattan, 2012.

Donald Trump: la nouvelle droite conservatrice au pouvoir

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis marque l’avènement de la « nouvelle droite » conservatrice[1]. Longtemps reléguée à l’arrière-plan, celle-ci est parvenue, en un peu plus d’un demi-siècle, à fédérer les opinions autour de son idéologie populiste. Peu d’observateurs ont expliqué les facteurs d’un tel succès. Les interventions des géants de l’industrie états-unienne dans les secteurs du pétrole, du gaz, de la chimie et du tabac ne lui sont pas étranger. Ce sont eux qui sont parvenus à créer une incroyable nébuleuse de think tanks ; mouvements de jeunesse ; instituts pseudo-philanthropiques et trusts visant à gagner le cœur de la cité en suscitant un mouvement de « masse » sans précédent. Phénomène que l’historien Daniel T. Rogers a appelé « âge de fracture », dont l’origine remonte au début des années soixantes[2]. C’est par l’intermédiaire de la fondation « Heritage » que leur programme a pris corps. Ses membres occupant les postes clés de la future administration[3], avec un objectif avoué depuis longtemps : transformer l’Etat « providence » (social)  en « société d’opportunité » (Society of opportunity) par la « libération » des forces du capital[4], avec en toile de fonds le complexe militaro-industriel, moteur d’une économie perpétuant le mythe de l’omnipotence états-unienne cherchant un « âge d’or » à reconquérir[5].

Le socle de l’idéologie de la « nouvelle droite » après la Seconde Guerre mondiale reposait en premier lieu sur le manifeste de Friedrich A. Hayek: « The Road to Serfdom » (« Le chemin de la servitude », 1944) qui prétendait marier les lois du « marché libre » et la « liberté politique ». Quelques années plus tard, il rédigeait un manifeste « The Constitution of Liberty » (1960) dressant les contours d’un ordre politique en adéquation avec les lois du marché. De son côté l’immigrée russe Ayn Rand, avec « The Fountainhead » (1943) puis « Atlas Shrugged » (1957) se dressait contre les dérives de la démocratie sociale[6]. Ludwig von Mises et Milton Friedman complétaient ce duo. Ce dernier présidait au club du Mont Pèlerin sur les bords du lac Léman, noyau d’une élite conservatrice pour le « laissez faire »[7]. James Burnham après ses deux premiers opus : « The Struggle for the World » (1941) et « The Managerial Revolution » (1947) indiquait le rôle dévolu à « l’élite managériale » pour enrayer le déclin de la civilisation occidentale. Une pensée qu’il poussait à son extrême dans « Suicide of the West » (1964)[8] dans lequel, fervent partisan d’une pax Americana, il expliquait comment cette élite devait réussir à fédérer ses efforts contre les « libéraux » démocrates. Son principal détracteur, Charles Frankel ancien agent de l’intelligence dans la Navy, montrait comment un tel projet risquait de ruiner la démocratie, produisant un état de mobilisation militaire permanent légitimant un recours à la violence systématique contre ses ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur[9].

Le conservatisme a épousé ce noyau doctrinal vers la fin des années 1950 porté par la « National review », pronant une transformation radicale du rôle de l’Etat et faisant la place au secteur privé mieux qualifié pour gouverner[10]. Un rôle important d’éducation était dévolu à l’American Entreprise Association (AEA), créé dès 1943 devenue l’American Entreprise Institute (AEI, 1962) et dont le but était de : « (To) aid in bringing about a greater public knowledge and understanding of the social and economic advantages accruing to the American people through the maintenance of the system of free, competitive entreprise… »[11], il était dit plus loin que « the association will function on a purely educational basis and it will not engage in political or legislative activities of any nature whatsoever. » L’éducation était comme on le voit un des piliers de cet effort pour assurer une prise de pouvoir sur le long terme.

Ses membres avaient créé l’organisation de la jeunesse « Young Americans for Freedom » (YAF, 1960) avec son manifeste « Sharon Statement » adopté le 11 septembre 1960 exaltant les valeurs de l’anticommunisme, s’opposant aux forces d’oppression de l’Etat. Le YAF entendait en outre mobiliser l’opinion en faveur de la guerre du Vietnam[12]. Au début des années soixante, certains observateurs ne manquaient pas de mettre en garde contre une forme d’américanisme prompt à pactiser avec l’extrême droite[13]. Le YAF avait trouvé son parrain dans la figure du sénateur Strom Thurmond (R. - S.C) proche des généraux en charge d’une stratégie militaire maximaliste au Vietnam. Lui-même annonçait à la fin de la décennie que le monde était entré dans une « ère de guerre de guerilla »[14].  Les membres du YAF formeraient une part importante du staff de Reagan une fois celui-ci à la présidence (1981-1988). Ce sont eux qui se sont mobilisés en faveur du candidat Trump lors des élections de 2016[15].

Parmi les acteurs influents derrière ce mouvement se trouvait la Deering Milliken Corporation (fondée en 1961, à Spartanburg, Caroline du Sud). Celle-ci s’engageait dans le financement de programmes de management au « Rampart college » et à la « Freedom School » dès 1963[16]. Ces entités dédiées à l’enseignement de cette « vision » étaient financées au sein des grandes universités américaines[17]. L’Institut pour les affaires éducatives (Intitutes for Educational Affairs, IEA) contribuait à ce projet par la publication de journaux tels que le « Harvard Salient » ou la « Darthmouth Review »[18].

Au sein de la dynastie Milliken, c’est Gerrish H. Milliken qui était la cheville ouvrière de l’American’s for Constitutional Action et l’American Conservative Union (ACU) dont les principaux membres étaient les grandes familles des industriels Coors, Dupont, Koch, Lilly[19]

En 1961 Richfield Oil Co et Deerring Milliken Co. avaient lancé une borchure intitulée « Hollywood’s answer to communism », une initiative qui rejoignait d’autres soutiens plus discrets en direction de l’extrême droite dont la John Birch Society (JBS) et de son journal « American Opinion ». Ce dernier est remplacé dès 1985 par « The New American », le plus fervent soutient du candidat Trump, avec la « Freedom Project Academy »[20]. Une part importante du travail de ces organismes consistait à affaiblir les syndicats au sein des grands secteurs de l’industrie pour les rendre inopérants. Une large part du succès de Donald Trump a été attribué au retrait politique des syndicats, abandonnant leur rôle de « contre-pouvoir » face à la montée de cette nouvelle droite[21].

Des campagnes en faveur d’une « société d’opportunité »

En 1964 cette « nouvelle droite » bénéficiait des soutiens des radicaux de l’extrême droite et des courants religieux fondamentalistes mobilisés en faveur du candidat B. Goldwater[22]. En plus de l’appui des grands industriels, avec R. Reagan (employé par General Electric) comme porte-parole, la campagne financière était conduite par Richard A. Viguerie qui allait devenir le grand architecte de la nébuleuse derrière l’ascension de ce nouveau populisme. Fils d’un géant de la pétrochimie,  admirateur du sénateur Joseph McCarthy et du général MacArthur, Viguerie avait fini par mener le financement de la campagne du candidate indépendant, George C. Wallace en 1968, une première tentative de prise de pouvoir politique. Viguerie un ancien secrétaire exécutif de la YAF, prenait la direction de l’organe officiel du mouvement : « Conservative Digest ». Son descendant, le « Conservative HQ » sert aujourd’hui d’organe officiel des conservateurs et du Tea Party[23].

L’élite managériale cherchait ainsi à gagner les opinions à leur idéologie, en attaquant les structures syndicales et les soutiens de la gauche américaine (« libérale »). Ceci suivait les canaux des milieux patronaux (et des chambres du commerce U.S.) créant une «politique du ressentiment » [24]. Ils prétendaient répondre au désoeuvrement des classes moyennes et inférieures, pourtant le résultat de leurs pratiques néolibérales[25].

Au début de la décennie 1970, l’un des principaux organes du mouvement était le « Citizens for a new Prosperity (CFNDP, 1971) dont le directeur de publicité n’était autre que le célèbre George Creel, ancien directeur du bureau de propagande U.S. pendant la première guerre mondiale[26]. L’organisation reprenait le sigle du « Blue Eagle » des programmes de mobilisation de l’entre-deux-guerre, avec pour slogan: « We do our part » du National Recovery Administration [27]. Le fondateur du CFNDP était Hobart Lewis, président du Reader Digest en lien avec J. Willard Marriott (Marriott Corp.) ; le co-directeur de cette organisation était Lee Choate, ancien colonel de l’US Air force, marquant une collaboration toujours plus étroite avec les milieux de l’armée[28].

Les publicités du groupe étaient produites par l’agence de relations publiques J. Walter Thompson (JWT) devenue l’une des plus importantes des Etats-Unis[29]. C’est la même firme JWT qui allait diffuser des publicités pro-Trump en 2016 dont l’une d’entre elles montre le milliardaire new-yorkais visiter une école et transformer un écolier désoeuvré en businessman[30].                          

La Heritage Foundation – quartier général du mouvement

Richard Viguerie, Terry Dolan, Howard Philipps et Paul Weyrich, aussi appelés « Gang of Four », avaient fondé la « Heritage »[31] en 1973. Celle-ci était financée par Joseph Coors ainsi que de Pew (J. Howard), du Freedom Trust, de Smith Richardson, Texaco, Alcoa, etc..[32] en dix ans ses soutiens s’étendaient aux entreprises dans l’énergie et la chimie tels Gulf Oil Corp. ou Dow Chemical Co. ainsi que le puissant trust de la famille Scaife-Mellon[33] et des entreprises Koch[34].

Au conseil d’administration de la Heritage se trouvait, en plus des membres des grandes familles, le nom de William E. Simon (voir ci-dessous), J. Robert Fluor (Fluor Corporation) ainsi que l’ancien ambassadeur U.S en Suisse et banquier, Shelby Cullom Davis (au titre de Chairman of the foundation board of trustees) de même que le président de la RKO, ancien directeur de l’USIA, Frank Shakespear[35].

William E. Simon a été l’un des idéologue les plus influents du mouvement – une chaire porte aujourd’hui son nom au Centre d’études stratégiques ou CSIS de l’Université de Georgetown-Washington[36]. Simon, ancien secrétaire au trésor de Richard Nixon et conseiller du Président Ford, était trustee de l’American Studies Center[37] (même initiales que l’American Security Council) et était co-président avec Justin Dart de « Entreprise America » anciennement appelé « Center for the Study of Private Entreprise »[38], et président de la fondation John Olin canal pour le financement des « fronts » conservateurs. Avec la fondation Olin, il avait mis sur pieds l’« Institute of Economic Affairs » sur une idée de Irving Kristol[39]. Le pendant du « International Center for Economic Policy Studies » de William Casey, futur directeur de la CIA sous Reagan[40].

Dans un ouvrage publié en 1978, « A Time for Truth » suivi deux ans plus tard par « A Time for Ation », Simon appelait à créer une contre-intelligentia par un effort coordonné et un système de bourse et d’aide à la publication. La fondation Olin finançait des programmes de télévision « The Advocates » et « In Search of the Real America » précurseurs des futurs Shows télévisés produits par Mark Burnett, avec Donald Trump comme star dans « The Apprentice » (2003), partageant l’élan public souhaité pour ce capitalisme du peuple[41].

Tirant les conséquences des divisions passées, la nouvelle droite s’était alliée avec les évangélistes, tels Jerry Fallwell ou Hal Lindsey à la fin de la décennie 1970. La « Religious roundtable » créée en 1979 devait servir à fédérer les milieux de la nouvelle droite avec ceux des évangélistes, promettant un « moral rebirth of America ». Ces derniers avançaient l’idée que les Etats-Unis étaient la nation du Millenium, destinée selon une lecture biblique à précipiter la bataille de l’Armageddon qui verrait le retour du Christ sur terre[42]. Après l’une des conférences donnée au Pentagone, Lindsey conférait sur le fait que plusieurs généraux tiraient la même conclusion que lui : à savoir que l’affrontement final était inévitable.

Ce sont les mêmes évangélistes de la « Religious Liberty Roundtable » qui reçurent Donald Trump le 29 septembre 2016, dans une séance à huis-clos fermée aux médias, à l’issue de laquelle un soutien à Trump était annoncé sur le média TV Fox News[43].

Reagan a-t-il trahi les espérances de la nouvelle droite ? 

Si Ronald Reagan avait été membre de la campagne de Barry Goldwater en 1964, il était connu à l’époque pour être un défenseur de l’escalade militaire au Vietnam, plaidant pour laisser les coudées franches aux militaires dans la détermination de la stratégie à suivre[44]. Au moment de son élection de 1980, ce ne sont pas moins de cinquante membres des anciens Young American for Freedom, de la Heritage et de l’AEA (devenue American Entreprise Institute - AEI) qui avaient occupé les postes clés de son administration[45]. De Morton Blackwell (assistant personnel) à Dana Rohrbacher (Speechwriter) à Frank Shakespear (Chairman of the Board of International Broadcasting). Le président avait pris plusieurs secrétaires de l’armée au sein de ses rangs conservateurs tel Frank Barnett et Joseph Coors au titre de membre de son conseil privé ou « kitchen Cabinet »[46]. Les cordons de la bourse présidentielle étaient tenus par John C. Miller III (Administration Budget Director) du Citizens for Sound Economy (CSE) [47], financé par les industries Koch et les industries du tabac (Philipp Morris) en vue de promouvoir des politiques de dérégulation[48].

Après avoir loué la « mission révolutionnaire » de la fondation Heritage, Reagan avait refusé certaines de ses stratégies qui semblaient conduire le pays au bord de la guerre[49]. Ceci était manifeste à l’occasion des négociations avec M. Gorbatchev que Reagan avait accepté d’entreprendre. Paul Weyrich, le stratège du mouvement, avait relayé le désaccord de ses cadres lors d’un entretien avec le président à la Maison Blanche le 22 septembre 1987. Le Chef de l’état avait saisi l’occasion pour exprimer sa conviction qu’il était erronné de considérer la guerre avec l’URSS comme une fatalité. Après sa présidence, Newt Gingrich allait se saisir du projet avec Terry Dolan au nom d’une « rénovation de l’Amérique », utilisant sa nomination au Congrès pour consolider les appuis politiques de leurs constituants conservateurs[50].

Moins d’une décennie après sa création le Citizens for a sound Economy (CSE) prédisait la fin ou « Doom » sous l’administration du démocrate de Bill Clinton. Il rappelait les prophéties d’Ayn Rand (« Atlas Shrugged », 1957) en écrivant « The total takeover of our government by the social welfare-state forces behind Bill Clinton has renewed the hostile political assault on America’s values »[51].

C’est enfin grâce à l’American Security Council Foundation (ASCF) nommé à l’origine Institute for American Strategy (1958) que cette nouvelle droite formalisait l’alliance des industriels avec les militaires. Ils étaient à l’origine de l’organisation « Peace through Strength » suivant l’adoption par le Sénat d’une résolution du même nom le 8 mars 1983 (Senate Concurrent Res.15)[52]. La « Coalition for America at Risk » dirigée par Sam Zakhem, ancien ambassadeur U.S. au Bahrain, assurait de son côté la campagne de relations publiques afin de faire accepter à l’opinion la légitimité de l’action militaire des Etats-Unis contre l’Irak de Saddam Hussein[53]. L’ASCF a de fait soutenu les postures du candidat Trump en matière de politique étrangère, marquant les éléments de continuité avec les programmes du passé[54]. L’ASCF lance aujourd’hui un « appel au clairon » (Clarion call) afin que soit rétabli le programme « Peace through strength » initié dans les années Reagan.

L’histoire de cette ascension  illustre combien les racines de ce mouvement sont profondes et à bien des égards souterraines. Jamais une administration n’aura compté autant de milliardaires ni n’aura été aussi liée aux intérêts partisans des milieux les plus radicaux, des évangélistes et des militaires.  Le noyau de ce mouvement s’est étendu en puisant aux fondements de l’idéologie libérale, mais en les détournant en une variante réactionnaire. Trump a su capitaliser sur la popularité acquise par cette « nouvelle droite » grâce à sa nébuleuse d’organisations, en profitant d’un climat économique déprimé qu’ils avaient eux-mêmes contribués à instaurer. Ceci n’est pas sans rappeler les leçons du doyen des études sur la fascisme, Robert Paxton, pour qui le fondement de toute idéologie de ce type repose sur l’obsession du déclin et la mise en œuvre d’une réponse idéologique pour des individus désécurisés [55]. La gravité de la situation actuelle réside dans le fait qu’une majorité ne semble pas apprécier à sa juste valeur l’étendue et les moyens à disposition de ce mouvement, pas plus qu’elle n’a retenu les mises en garde de Charles Frankel sur les dangers de cette « grande utopie »[56].

 



[1] Parfois appelée droite capitaliste réactionnaire ou radicale par opposition à la gauche libérale.

[2] Daniel T. Rogers, Age of Fracture, Cambridge, Mass. Harvard University Press, 2011.

[3] Heather Digby Parton, « Is Donald Trump’s transition being outsourced to the Heritage Foundation ? That’s not good news. » on Salon, 23.11.2016. Sur : http://www.salon.com/2016/11/23/is-donald-trumps-transition-being-outsourced-to-the-heritage-foundation-thats-not-good-news/

[4] Elise Viebeck, « Trump stacks kitchen cabinet with millionaire, billionaire executives » in Washington Post, 02.12.2016. Trump déclare : « My administration is committed tto drawing on private sector expertise and cutting the governement red tape that is holding back our businesses. » in ibid.

[5] Voir mon article du 11 mai 2016, « Comment le troisième parti des Etats-Unis projette de terminer sa révolution ? » Bilan http://www.bilan.ch/jerome-gygax/politique-internationale/make-america-great-again-comment-troisieme-parti-etats-unis qui balisait de manière générale les relations de Trump avec ces milieux de la droite conservatrice. 

[6] Elle construisait les fondements de son approche objectiviste défendant les vertus de l’égoïsme.

[7] Dans son ouvrage « Capitalism and Freedom » (University of Chicago, 1962) il écrivait : « Few trends could so thoroughly undermine the very foundations of our free society as the acceptance by corporate officials of a social responsability other than to make as much money for their stockholders as possible. » (p.133)

[8] Echo à l’œuvre de Oswald Spengler, « Le déclin de l’Occident », 1918, 1922.

[9] Charles Frankel, « A Conservative Autopsy » in New Leader, July 20 1964 ; Un critique de ces théoriciens est Karl Polanyi qui montre comment le fonctionement du marché ne peut être découplé des institutions et de la société, mettant en garde contre ce fondamentalisme, autre expression du fascisme. Voir Fred Block et Margaret Somers, The Power of Market Fundamentalism. Karl Polanyi’s critique, Cambridge, Harvard University Press, 2014.

[10] L’échec des programmes d’aide et de reconstruction et l’absence de retour sur les investissements consentis, faisaient dire à ses détracteurs que toute gestion étatique était dépassée à la fin des années Eisenhower 1960-1961.

[11] Tiré des « Incorporation papers », archives privées, 1943.

[12] « Young Americans for Freedom supports a strong Vietnam policy » in Congressional Record, 89th Congress, Vol III, no 200, 2 nov. 1965.

[13] Marvin Kitman, « New Wave from the Right » in New Leader, 18.09.1961, pp.10-11.

[14] Joseph R. Treaster, « Thurmond tells Youths nation is entering guerilla warfare » in New York Times, 12.09.1970

[15] « Students for Trump comes to Saddleback College », Lariat Daddleback 15.05.2016, http://lariatnews.com/news/students-for-trump-comes-to-saddleback-college/

[16] Cette école était située à Colorado Springs et dirigée par Robert Le Fevre, voir New York Times, 29.06.1967

[17] On notera spécialement L’université de Dallas ; L’Université de Cambridge (Law School), Yale, l’Université de Chicago law school and Economic Dept, etc…

[18] Une revue souvent accusée pour ses sympathies à droite de l’échiquier politique. Les membres de la famille Koch rejoignirent le board of trustees de la Freedom School en 1964 en même temps que de nombreux partisans de la John Birch Society,

[19] http://conservative.org/ . Le Lilly endowment était le produit de la fortune de l’entreprise Pharma Eli Lilly.

[21] Voir « disillusioned by leadership, many unions rank-and-file turned to Trump », The Rea News.com, 9 nov. 2016. https://www.youtube.com/watch?v=ssoLyqJZAmA

[22] Voir l’ouvrage d’Arnold Forster, Benjamin R. Epstein, Danger on the Right, New York, Random House, 1964, pp.272-280 ; pour le rôle des fondamentalistes : Daniel K. Williams, God’s own party : The making of the Christian right, Cambridge, Oxford University Press, 2010.

[25] Voir Alan Crawford, Thunder on the right, The « New Right » and the Politics of Resentment, New York, Pentheon Books, 1981

[26] Lancé le 27 septembre, Washington Post 15.11.1971. George Creel était l’artisan d’une collaboration étroite entre l’armée et le secteur privé afin de gagner la guerre. Ses mémoires s’intitulaient : « How we advertised America ». Il avait ensuite contribué à construire le vaste appareil de propagande du président Roosevelt.

[27] Le NRA sera dissous à l’époque pour sa non-constitutionalité. 

[28] Les objectifs de l’organisation étaient de : 1) Arrêter l’inflation ; 2) créé le plein emploi ; 3) rendree les produits U.S. compétitifs à travers le monde.

[29] Celle-ci avait en outre donné trois des conseillers les plus influents de l’administration R. Nixon, à savoir son Chef de Cabinet H.R. (Bob) Haldeman ; son assistant personnel Dwight Chapin et son secrétaire pour la presse Ronald L. Ziegler.

[32] La fondation Richardson était basée sur Vick Chemmical Co. Et soutenait des institut de recherche en politique étrangère le Foreign Policy Research Institute and the Institute for American Strategy.

[33] « The Heritage Model » in The New Republic, 20.12.1980 ; « Right’s new weapon : Think Tank » in The Christian Science Monitor, 11.02.1981.

[35] Source : « Heritage Foundation : court Philosophers » in Science, 06.03.1981, vol 211, no 4486.

[36] Cet institut de recherche politique est une création de l’AEI, qui fut le fief de Henry Kissinger.

[37] Dirigé par James C. Roberts, activiste et auteur de l’ouvrage « The Conservative Decade » (1980)

[38] Basé à l’Université of Southern California

[39] « Simon : Preaching the Word for Olin » in New York Times, 16.09.1978.

[40] Howard Philipps avait quant à lui fondé le Caucus conservateur deux ans après (1975) assumant un rôle clé dans les états américain, afin de mobiliser l’opinion derrière leurs causes politiques. On leur attribuera plus tard l’échec de la ratification des accords de limitation des armes SALT II en mars 1977.

[41] On mentionnera le fait singulier que Donald Trump est présenté comme le président élu des Etats-Unis dans le film Retour vers le futur III, sorti sur les écrans en 1990.

[42] Voir l’ouvrage de Jerry Falwell, « Nuclear War and the Second coming of Jesus Christ ».

[43] Laurie Goodstein, « Religious Right believes Donald Trump will deliver on his promises » in New York Times, 11.11.2016 http://www.nytimes.com/2016/11/12/us/donald-trump-evangelical-christians-religious-conservatives.html?_r=1  ; Sur l’entretien que Trump a eu avec la Religious Liberty Roundtable, voir le compte rendu sur Fox News, O’Reilly sur : https://www.youtube.com/watch?v=WepGKIWk-Zc

[44] in New York Times, 13 septembre 1967.

[45] Article : The Atlantic Monthly, January 1986

[46] La Heritage avait aussi donné des figures telles que Michael Ledeen, ancien du CSIS, devenu assistant du secrétaire d’état ; W. Glen Campbell, directeur à la Hoover Instit. Ou encore James C. Miller

[48] Le groupe Citizens for a Sound Economy allait être renommé « American for Prosperity » en 2004 par le groupe Koch. Un de ses principaux partenaires était le groupe Philipp Morris. Voir Daniel Schulman, Sons of Wichita, How the Koch Brothers bacame America’s most powerful and private dynasty, New York, Grand Central Publishing, 2015, pp.267-271.

[49] Voir Wesley Pruden, « Heritage lauded for role in « intellectual revolution » in Washington Times, 10.04.1983.

[50] Newt Gingrich, « Building the Conservative Movement After Ronald Reagan » in Archives de Heritage Foundation, lecture 167, http://www.heritage.org/research/lecture/building-the-conservative-movement-after-ronald-reagan ; voir article J. Gygax, « Comment le troisième parti des Etats-Unis projette de terminer sa révolution ? » op. cit.

[51] Son directeur n’était autre que James C. Miller III, ancien directeur du budget de la campagne de Ronald Reagan. En 1987, c’est David H. Koch qui devait en assumer la présidence.

[52] Son directeur John Fisher présidait la coalition « peace through strength » en même temps qie l’ASCF.

[53] Mary Jordan, « Conservative group lobbies for Gulf Policy » in Washington Post, 30.11.1990, p.18.

[54] ASCF, A Clarion Call : re-institute a national strategy and policy of « peace through Strength » http://ascfusa.org/app/webroot/files/fckfiles/CC%20Peace%20Through%20Strength.pdf

[55]  Nous rappelerons comment les grands groupes cartellaires allemands avaient apporté leur soutien à Hitler au sein du groupe des industriels de Dusseldorf, créant le Supreme Ecnomic Council au lendemain de la prise du pouvoir par Hitler. Avec un rôle important des susidiaires américains comme American I.G. Corp. Voir James S. Allen, World Monopoly and Peace, New York, International Publishers, 1946

[56] Lui et sa femme Helen Béatrice Lehman seront sauvagement assassinés dans leur maison de Bedford Hills (Etat de New York) le 10 mai 1979.

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