ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

Prenons les commandes du train de l'innovation!

En quelques mois, le Conseil fédéral a manifesté une volonté marquée de baisser les barrières à l’entrée pour les start-up fintechs. Au menu: des mesures réglementaires qui facilitent la récolte de fonds via les plateformes de financement participatif, un cadre légal de type «sandbox» pour que les jeunes pousses testent la viabilité de leur modèle hors du radar de la Finma, ainsi qu’une licence bancaire allégée pour ces «presque» banques. 

On ne peut que saluer ces décisions qui s’imposent au vu de l’ampleur de la scène fintech. L’intérêt stratégique des grandes entreprises – banques, mais aussi assurances et télécoms – pour le secteur des technologies financières prouve aussi que les acteurs historiques ne veulent pas manquer le coche. 

Or le temps presse, il faut accélérer la cadence. La Suisse joue de moins en moins le rôle de locomotive financière. Places genevoise et zurichoise en recul au niveau mondial, marges sous pression, taux bas… «Un environnement qui se transforme très vite et dans lequel nous devons aussi agir très vite», soulignait en octobre dernier Ueli Maurer, à la tête du Département fédéral des finances. Face à ces défis, la scène fintech se présente comme un relais dynamique. Elle participe activement au redressement du drapeau helvétique de l’industrie financière, en s’appuyant sur des compétences uniques qui existent depuis des décennies. 

Que le Conseil fédéral aligne les projets réglementaires est très encourageant et bien accueilli dans l’écosystème. Or, il s’agira toujours de rattraper un certain retard face à un secteur dynamique qui évolue rapidement. En courant derrière le train de l’innovation, la Confédération risque rapidement de s’épuiser. Sa priorité doit se concentrer sur la compétitivité globale des acteurs financiers innovants. La Suisse est trop petite et fragmentée pour offrir un réel terrain d’opportunités pour ses pépites. Les marchés étrangers restent la principale voie d’avenir pour la majorité des start-up fintechs. 

Plusieurs pistes pour gagner de la vitesse

A la Confédération de leur donner un cadre helvétique business-friendly pour qu’elles puissent ensuite s’étendre à l’international. Comment? Les pistes sont multiples: une régulation audacieuse pour concurrencer les initiatives des hubs majeurs de la fintech comme Londres et New York, des conditions-cadres avantageuses pour les entrepreneurs suisses et étrangers, ou encore un accès au financement facilité. Des critères de base qui détermineront si une start-up fintech choisira Zurich ou Berlin pour construire la finance de demain. 

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