Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Des tours à Genève? Elevons-nous!

Si pour une fois Genève se montrait avant-gardiste?

Ce week-end, à Lausanne, le peuple votera sur l’avenir d’une tour à Beaulieu (la tour Taoua). Comme de nombreux conservateurs, Mario Botta considère que c’est un élément étrange et isolé.

Il est évident que tant qu’une autre tour n’est pas construite, c’en sera un !

Les questions sont ailleurs. D’abord, le manque de surfaces est réel. Le besoin d’écologie est évident, que ce soit au niveau des consommations des bâtiments (l’Etat de Vaud le prouve en imposant des panneaux solaires photovoltaïques sur tous les futurs bâtiments) ou que ce soit encore au niveau des déplacements (réduction systématique des véhicules privés dans les écoquartiers) au profit de la mobilité douce.

La pression pour ne plus déclasser et conserver les zones agricoles se fait réelle. L’argument de Mario Botta de vouloir régler cela par un système de zoning est probablement rétrograde et trop conservateur. Comme si les urbanistes pouvaient réellement définir de nouveaux quartiers de qualité. Les meilleurs exemples sont les nouveaux quartiers à Genève où la construction de barres des années septante continue. Ce qui change: le look. Les plans et l’organisation des locaux reste la même : commerces au rez et logements ou bureaux aux étages.

La réelle question n’est donc pas l’optimisation des ressources liée notamment au sol, ou de savoir si, depuis mon balcon, je peux conserver égoïstement la même vue.

En effet, ce qui est essentiel, c'est l’urbanisme vertical. Dans une tour digne de ce nom, on doit trouver des services publics, des logements sociaux et d’autres non, des bureaux pour les PME et les grandes entreprises, des restaurants et des commerces de proximité. Or, l’espace autour doit aussi être aménagé en conséquence avec des liaisons de transports publics efficients et des espaces de détente. Une pauvre bande de gazon uniforme doit être bannie. A Genève, l’Eglise Protestante nous projette dans le futur avec ce type de projet à Châtelaine.

A moins que le service des Monuments et des Sites souhaitent recréer, encore une fois, un nouveau musée de Ballenberg. Mais un seul, n’est-ce pas suffisant ?! On a déjà vécu cela avec la plage des Eaux-Vives où une minorité a pris en otage la population.

Alors, élevons-nous !

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