Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

Des attentes trop élevées, même pour super Mario

Beaucoup parlent de perte de crédibilité du chef de la Banque centrale européene, n’ayant pas su gérer les attentes, ou même n’ayant pas livré ce qu’il promettait. Il perdrait donc de son impact sur les marchés à l’avenir. 

Je ne suis pas de ce point de vue. Le marché s’était habitué à un Mario Draghi qui sur-livrait par le passé, et a donc supposé qu’il le fera à nouveau. Nous appelions d’ailleurs à la prudence à l’approche de la décision du fait des expectatives trop extrêmes.

Certes, les spéculateurs sont déçus, mais les investisseurs?

Le marché, par sa récente hausse, tablait à la fois sur une baisse du taux de dépôt, une extension du programme d’achat et une augmentation du montant de ce programme. Il n’a eu que les deux premiers. S’en est suivi un nettoyage rapide des positions spéculatives menant à la dégringolade des marchés boursiers et à l’envolée de l’euro.

Cependant, on peut difficilement qualifier les mesures de la BCE comme une mauvaise nouvelle. L'extension du QE représente 360 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien, et devrait être favorable aux marchés actions sur le plus long terme. Sur la durée, l’élargissement du différentiel de taux entre l’euro et les autres devises majeurs, continuera à peser sur la monnaie commune. En outre, Draghi a encore la possibilité de baisser les taux davantage, ou d’augmenter le montant du QE ultérieurement. Il garde donc des cartouches importantes afin d’atteindre l’objectif d’inflation de 2%.

Qu'est-ce que cela signifie pour la BNS et le Franc?

Comme nous l'avons vu plus tôt cette semaine avec le PIB et les chiffres de vente au détail, l'économie suisse reste lugubre, principalement due aux exportations qui continuent de souffrir du franc fort. Bien que le taux négatif a contribué à l’affaiblissement du franc face au dollar, à la livre, ou encore au yuan, tous proches des niveaux d’avant taux-plancher, la priorité pour la BNS reste l’EUR/CHF qui se trouve toujours 8% sous l’ancien taux plancher de 1.20.

Les mesures de la BCE mettent évidemment la pression sur la BNS qui se réunira le 10 décembre. Jordan avait déjà préparé les marchés au cours des dernières semaines, mentionnant que la banque a besoin de garder un différentiel de taux d'intérêt afin d'affaiblir le CHF. Le taux négatif semblait également plus efficace que les interventions de changes, gardant les investisseurs en quête de valeur refuge à quai.

Malgré un consensus sur un taux inchangé à – 0.75% ; là encore les attentes semblent élevées. Jordan devra baisser le taux d’au moins 10 pb de – 0.78% à -0.85% afin de maintenir le différentiel, à défaut de décevoir lui aussi le marché et provoquer la hausse du franc (chute de l’EURCHF). L’EURCHF, qui n’a pris que 1% sur l’annonce de la BCE, comparé à plus de 4% pour l’EURUSD, pourrai facilement chercher le sommet de septembre à 1.1050 en cas de basse du taux par la BNS. 

 

 

 

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