Eileen Hofer

JOURNALISTE ET CINÉASTE

Née en 1976 à Zurich. Études en Lettres. 2003: Post-grade en histoire du cinéma. A travaillé comme attachée de presse pour deux festivals de film. Depuis 2005, elle travaille comme journaliste et cinéaste. Elle lance un blog éphémère eileenexpresso.com en juin 2015. L'occasion de croquer ses voyages, raconter ses rencontres.

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Des artistes du Hennessy Tour 250 posent leurs valises à la FIAC

Pour célébrer la fin de son tour du monde marquant son 250e anniversaire, Hennessy a choisi la frénésie de la Foire Internationale d’Art Contemporain (Fiac) de Paris pour réunir, mercredi dernier, huit de ses onze artistes.

A l’occasion de ce jubilé, la maison de cognac a collaboré durant une année avec onze artistes internationaux pour mettre en place le Hennessy 250 Tour. «Cette manifestation culturelle multidisciplinaire, appelée aussi exposition itinérante, met en lumière notre héritage réinterprété par leur soin. Nous avons ouvert les portes de nos archives et de notre histoire. Ces derniers ont présenté leur travail respectif lors de 5 étapes: en Chine, en Russie, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis et bientôt en France», explique Bernard Peillon, le CEO.

Le photographe Anton Corbijn capture viticulteur, distillateur, tonnelier, calligraphe et autres personnes liées à la maison dans un esprit toujours proche de son univers rock.

Les portraits d’Anton Corbijn réalisés pour l’exposition H250.

 

«Certains sont déjà inscrits dans le panorama de l’art contemporain comme Anton Corbijn connu en tant que photographe et cinéaste, d’autres entament une carrière prometteuse, rajoute le co-curateur Hervé Mikaeloff. Chacun s’est inspiré d’un chapitre du savoir-faire de la maison. L’idée était de créer une archéologie du futur dans un langage personnel et de les unir dans une scénographie commune.»

Maurice Hennessy, 8e génération de la dynastie.

 

Au bar du Shangri-La, lors du cocktail de bienvenue, Maurice Hennessy, qui a cumulé ses miles en voyageant de continent en continent pour accompagner l’exposition, raconte: «Nos archives datent de 1765 à nos jours. Les étagères font 5 kilomètres de long et contiennent des millions de documents écrits et photographiques.» Parmi les oeuvres, le représentant de la huitième génération retient celle de Charles Sandison. L’Islandais projette les correspondances calligraphiées de ses ancêtres sur un mur : « Les textes s’évaporaient poétiquement », se rappelle l’ambassadeur de la marque.

Charles Sandison

 

L’artiste plasticien, Laurent Pernot, s’est inspiré, pour sa part, des photographies dont il extrait les ombres des silhouettes: «c’est une manière personnelle de raconter l’histoire familiale sous forme d’allégorie», commente-t-il en sirotant un cocktail au cognac.

Laurent Pernot 

 

Mais voilà que l’on doit rejoindre le dîner des amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui précède l’ouverture de la FIAC et réunit 700 convives. L’occasion de voir de loin Elisabeth Quin, la journaliste d’Arte, que j’adore!

La série des « Shadows » de Warhol au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Mao revisité par Andy Warhol

 

Après un tour privé dans l’exposition actuelle de Andy Warhol, on rejoint les salles du rez inférieur. Hennessy a réservé trois tables pour ses invités. On se faufile entre Picasso, Matisse et Duffy. Je savoure mon potiron aux copeaux de truffe noire entre le CEO de Hennessy et Xavier Veilhan. «C’est un artiste lyonnais mais installé depuis longtemps à Paris, m’explique Bernard Peillon. Xavier est l’un de nos onze artistes.»

La fusée en fibre de carbone mate de Xavier Veilhan propulse le patrimoine vers le futur. il pose ici avant le début du tour 250.

 

Celui-ci revient à peine du jardin des Tuileries, qui depuis 2006, présente, en marge de la FIAC, un programme d’une vingtaine d’oeuvres en extérieur. Installations, sculptures ou matières sonores, tout s’expose. «C’est une période intense. Je suis représenté à la Foire par la galerie Perrotin et termine "Les Rayons pour les Tuileries". L’oeuvre confronte la géométries des fils tendus à la nature environnante.» Un objet monolithique mais multiple comme une hélice, peut-on lire ultérieurement dans le catalogue.

Le dîner des amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, la veille de l’ouverture de la FIAC.

 

A l’heure de la tourte de canard flanqué de sa poêlée de cèpes, je lui demande s’il aime la partie de son travail réservée aux mondanités comme ce soir ou à la Fiac. «Elles représentent 2% de mon labeur. Je vis régulièrement un grand écart : le matin,  je travaille avec mes artisans et le soir je suis parfois amené à rencontrer des politiciens.» En parallèle, Xavier Veilhan collectionne aussi nos artistes helvètes. «J’ai deux oeuvres de John Armleder et j’aime les monochromes d’Olivier Mosset.» Enfin, on termine notre Arlette aux figues en parlant cinéma, de Bresson à Cimino en passant par le chien de Leos Carax, Polo.

Bernard Peillon, le CEO de Hennessy et l’un des onze artistes de l’exposition itinérante, Xavier Veilhan

 

Le lendemain, Hervé Mikaeloff, le commissaire indépendant et conseiller en art contemporain du groupe LVMH nous orchestre une visite de la Fiac qui n’a pas encore ouvert ses portes au public. Durant cette période de l’année, la capitale française regorge de collectionneurs, galeristes, personnalités des milieux financiers, industriels, artistiques.

Sise au Grand Palais, sous la grande verrière, la manifestation présente le cru de 173 galeries internationales. On croise Louise Bourgoin, Nathalie Baye, le milliardaire hongkongais Adrian Cheng ou encore Bernard Arnault. On entend un exposant lancer à une connaissance croisée entre deux stands : «Passe me voir, j’ai un Julian Schnabel!» Un autre justifier une toile à un visiteur perplexe: «Oui, il dessine sur son iPad.» En ce qui concerne Hervé Mikaeloff, il nous pointe du doigt un Xavier Veilhan, un Daniel Arsham, un Tony Oursler. La plupart de ces artistes amis et partenaires de Hennessy sont exposés à la Fiac.

Rappelons que la maison de cognac n’en est pas à son premier coup d’essai. Elle avait déjà tissé un trait d’union entre son patrimoine et l’art contemporain. Pour célébrer le 100ème anniversaire de Killian Hennessy, figure emblématique du clan, l’artiste plasticien Jean-Michel Othoniel livrait une oeuvre d’art avec «le coffre à secret» (2007) limité à 100 éditions. Aujourd’hui, son travail s’expose dans les musées et collections du monde entier et il semble crouler sous les commandes. N’a-t-il pas été couronné en juin dernier avec son «Théâtre d’Eau» à Versailles ?

Hervé Mikaeloff et la sculpture de Xavier Veilhan, à la galerie Perrotin, FIAC 2015

 

En parallèle, et durant la période de la FIAC, l’Officielle offre aux Docks une visibilité à de jeunes galeries comme celle de la Genevoise, Laurence Bernard. Se greffent Asia Now, la foire parisienne d’art asiatique et Slick sur le Pont Alexandre III qui fête ses dix ans et promeut la scène émergente.

Ainsi, dans une fièvre mondaine et marchande, agrémentée de cocktails au cognac, ce séjour parisien aura été empreint d’art.

«Pyrite Cracked Face» de Daniel Arsham. Un autre artiste présenté à la FIAC qu’Hervé Mikaeloff a mandaté pour le Hennessy Tour 250.

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