Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Dépenses publiques: le mal français

Les dépenses publiques de la France donnent le vertige. Avec une part représentant 54% du produit intérieur brut (PIB) en 2012, elles figurent parmi les plus élevées de l’Union européenne. Seuls le Danemark et la Finlande se classent devant l’Hexagone, alors que l’Allemagne, avec un taux de 42%, se situe nettement en-deçà de la moyenne de la zone euro (47%). Dans une étude publiée récemment, le think tank France Stratégie (il est rattaché aux services du Premier ministre) a cherché à identifier «les postes pour lesquels les dépenses sont plus élevées que dans les autres pays.» 

Première explication: si la protection sociale, la santé et l’enseignement engloutissent chez notre voisin comme dans la zone euro environ les deux-tiers des dépenses publiques, ces trois postes expliquent à eux seuls plus de 80% de l’écart constaté entre la France et la moyenne européenne. 

Deuxième explication: cette différence provient essentiellement de la santé et de deux sous-catégories, soit l’enseignement secondaire et la vieillesse, qui totalisent ensemble des dépenses équivalentes à 24,5% du PIB. 

Le système de santé français est jugé «coûteux, performant mais peu efficient». Selon France Stratégie qui cite différentes études, «des marges d’efficience existent dans l’organisation des soins (médecine ambulatoire peu développée) et dans la surconsommation de médicaments. La dépense en santé gagnerait en efficacité si la coordination entre acteurs était améliorée dans le cadre d’une politique de soins moins «hospitalo-centrée» et d’un développement concomitant du maillage de la médecine de ville (soins primaires)».

Dans le domaine de la vieillesse, la France dépense nettement plus que la zone euro. Les coûts atteignent 13,8% du PIB ou 56% du budget de la protection sociale. Ils sont «le reflet d’une forte socialisation des dépenses de retraite.» A l’inverse, d’autres pays à l’instar de la Suède et du Royaume-Uni financent leurs besoins en recourant davantage que l’Hexagone à un système de financement privé. Autre raison: la sortie précoce des travailleurs du marché du travail en comparaison internationale. 

Avec 2,4% du PIB consacré aux études secondaires (soit 40% du total du poste enseignement), «la France se démarque de tous les pays de l’échantillon, y compris la Suède qui y consacre presque moitié moins». Malgré tout, elle «se situe assez loin de la frontière d’efficience, ses dépenses ne démontrent pas une performance remarquable au regard des autres pays». En comparaison, l’Allemagne obtient de meilleurs résultats et fait presque aussi bien que la Finlande avec des coûts moindres. Par rapport à la moyenne de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les dépenses par étudiant du secondaire sont supérieures de 21% en France, alors qu’elles sont inférieures de 17% pour les élèves du primaire. 

Autrement dit, le secteur public peut à la fois réduire ses dépenses et devenir plus efficient. Encore faut-il que les Français acceptent de procéder à des réformes d’envergure!

 

 

 

 

 

 

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