Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Delenda start-up

Aaah, la start-up ! Un sujet de plus en plus prisé dans mon réseau social : événements dédiés, plateformes de soutien, coaches, blogs, entrepreneurs inspirants (à défaut parfois d’être inspirés ou vice-versa), partages d’expérience, la start-up a le vent en poupe.

Je pourrais creuser les raisons de cet engouement – fort potentiel de croissance et de retour sur investissement pour les start-up techno-bio-médicales (et donc intérêt des investisseurs), mesures de soutien cantonales ou fédérales tombant comme autant de mannes dans l’escarcelle de leurs « défenseurs », alternative (trop) souvent proposée au chômage – mais ce serait un peu trivial et hors de mon champ de compétences. Après tout, moi, mon truc, c’est la stratégie de communication, pas la communication de stratégies.

Moi, ce que je préfère, chez les start-up, c’est quand elles cessent de l’être, mais refusent de l’admettre. Certes, les critères définissant une start-up varient selon votre interlocuteur. Officiellement, une start-up, c’est une entreprise âgée de 3 à 5 ans. Officieusement, c’est tantôt : un garage avec des geeks dedans, un local avec plein de jeunes mal payés, le moyen qu’ont trouvé les petits malins de devenir millionnaires, un business réservé à des types prêts à bosser 70 heures par semaine, un modèle d’affaires pas du tout rentable, un modèle d’affaires super rentable, etc.

En fouillant dans ma mémoire, je me suis souvenue d’un entretien dans une de ces « start-up » : une entreprise suisse, productrice de café, plutôt bien installée dans la place, au nom à consonance italienne… Lors de cet entretien, on m’avait expliqué que je devais considérer la société comme une start-up de 25 ans d’âge. Sous-entendu, salaire peu alléchant, horaires non définis et dévouement total. What else ? C’est vrai qu’avec ses 8300 employés et son chiffre d’affaires en milliards, il paraissait totalement évident que si je me montrais un peu critique, c’est que je n’avais visiblement pas « l’esprit start-up »…

Il n’en reste pas moins que l’entreprise de George n’est pas une exception, même si elle est emblématique ; nombre de sociétés ayant largement atteint leur seuil de rentabilité et les objectifs de leur fondateur, se plaisent à garder leur dénomination de « jeune pousse ». Avec quelques avantages à la clé : stagiaires ravis de participer au développement d’une future déjà grande, employés peinant à négocier une augmentation puisqu’ils ont déjà la chance de prendre part à une aventure, patrons au look cool refusant d’être considérés comme des patrons (sauf pour la rétribution et les parts sociales, évidemment), etc.

Sans compter que les start-up, ça rapporte ! Celles qui réussissent sont accompagnées par des pros dans leur développement (créant ainsi de nouveaux métiers qui n’en sont en fait pas) et on a droit aux entrepreneurs « successful on Tour », faisant les beaux jours des petits-déjeuners professionnels ou des écoles de commerce. Bien sûr, ceux qui ont lancé leur société, mais se sont lamentablement plantés, ont fait faillite, perdus de l’argent, parfois bien plus, ceux-là, ils n’intéressent personne : qui voudrait un retour d’expérience de quelqu’un qui a échoué, et depuis quand exhorte-t-on les foules (et les subventions) avec l’évocation des défaites ?

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