Dany Cerone

SPÉCIALISTE EN EXPERIENCE DESIGN

Dany Cerone est spécialisé en Experience Design; un domaine très transversal mélangeant entre autres: le branding, l'expérience utilisateur, le service design et le digital.

Il dirige le petit studio sélectif lausannois Heed. Reconnu à l'international pour ses réflexions radicales et ses productions pointues, le studio a remporté des prix et des parutions comme awwwards, css design awards, french design index, mindsparkle et d'autres.

Parmi son comité de direction, Heed compte des experts tel que Paul Boag (auteur du best-seller Digital Adaptation).

Vous pouvez contacter directement Dany Cerone par email (dany@heed.agency) ou par le site Heed.

"Protéger les gens afin d’encourager l’intrapreneuriat" - L'innovation avec Christophe Barman

Bienvenue dans une nouvelle série d'interviews mettant en lumière des leaders romands, ainsi que leur approche de l'innovation. Deuxième épisode avec Christophe Barman, CEO de Loyco. Découverte d'une personalité franche, dynamique et bienveillante:

 

Pouvez-vous expliquer brièvement votre parcours?
J’ai fait HEC Lausanne et eu la chance d’effectuer ma dernière année à Innsbruck au Tyrol (j’aime bien le ski, haha). J’ai commencé ma carrière dans une boîte de courtage à Vancouver puis dans une société de conseil en organisation à Genève. En parallèle, j’ai beaucoup travaillé dans le monde de l’associatif qui m’a énormément appris sur la gestion des collaborateurs. Dans une association où tout le monde fonctionne bénévolement, tu ne peux diriger que par l’inspiration, un management dirigiste de collègues non rémunérés étant de toute manière exclu.

Professionnellement, quel est le feedback que vous recevez le plus sur votre personnalité?

[… Hésitation]

Je suis trop gentil pour le monde du business [rires]. Je suis un bisounours.

Quelle est la plantée dans votre parcours dont vous vous rappelez le plus et ce que vous en avez tiré?

Après mon passage dans la boîte de conseil en organisation, j’ai été engagé par un client qui m’a nommé CEO en 2010. En 2012, deux actionnaires se sont entendus dans le dos de la direction pour fusionner avec une autre organisation et dégager des marges supplémentaires. Je n’ai rien vu venir. J’en ai retiré que l’argent et la seule orientation sur les profits peut faire faire n’importe quoi aux gens. Il faut être vraiment très attentif aux perceptions et aux intérêts des gens autour de nous. Cela peut être très différent de ce que l’on croit. On a tous notre vision du monde, et on peut se retrouver avec de grosses divergences qui mettent en péril le collectif. J’ai vécu l’aventure capitaliste malheureusement trop classique qui peut, dans certains cas, casser de belles organisations et leurs gens.

L’innovation chez Loyco, c’est qui et c’est quoi?

Pour moi l’innovation doit inclure tout le monde. Chez nous, on attend de chaque “Loycomate” qu’il ait cette volonté de faire mieux pour ses clients, ses partenaires et son organisation. Pour favoriser l’espace créatif, on leur donne un maximum de liberté, de protection et de bienveillance.

Si tu dis aux gens “vas-y essaie” et que tu leur tapes sur la tête quand ils se plantent, tu n’obtiendras rien. Un des facteurs clés de succès du processus d’innovation, c’est que l’organisation protège les gens afin d’encourager l’intrapreneuriat. On doit donc encourager les possibilités et le goût d’essayer.

Je pense que notre orientation pour l’entrepreneuriat plus durable nous pousse à l’innovation organisationnelle pour nous-mêmes en permanence. On a la vision d’être un nouveau standard pour la vision administrative des entreprises. Qui dit nouveaux standards dit nouveaux processus, nouvelles technologies et nouvelles façons de communiquer.

Quels sont les outils et méthodes qui vous accompagnent pour l’innovation?

Pour la partie organisationnelle, on a créé un “happiness team”. C’est une équipe de “Loycomates”, qui, de manière tout-à-fait volontaire, s’engagent à améliorer le fonctionnement de notre entreprise et le bien-être de leurs collègues. [Il me montre son ordinateur, avec une plateforme où ils regroupent les sujets et discutent] . Les problèmes et les améliorations se font de manière organique. Il n’y a pas de direction qui valide les décisions. Ils sont libres d’implémenter ce qu’ils décident. Les sujet vont, par exemple, de mettre en place un service de pressing pour les collaborateurs, ou implémenter des mesures pour améliorer l’impact environnemental.

Le happiness team s’occupe donc d’améliorer notre impact sur l’environnement et les gens.
Ce projet Happiness team est notre embryon pour l’holacratie. Sur la partie services, on a de nouveau une plateforme collaborative. Chacun ouvre des projets et y amène qui il souhaite.

Comment s’assure-t-on que tout soit dans une certaine ligne de stratégie? On communique beaucoup sur la stratégie, la vision et la situation financière. On va donc générer une intelligence collective qui va être le filtre organique, sans hiérarchie.

Il y a pleins de trucs qui sortent! J’adore voir des initiatives sortir sur notre plateforme dont je n’étais même pas au courant. On optimise vraiment la force contributive de chaque Loycomate.

Comment faites-vous chez Loyco pour ne pas vous faire rattraper par l’opérationnel et continuer à innover?

Cette question ne se pose pas, du moment que la boîte et les gens qui la compose ont cette liberté d’entreprendre. Je suis bluffé par les idées et les projets que mènent les Loycomates tout en gérant l’opérationnel. A mon sens, l’humain mis dans un contexte favorable va naturellement chercher des solutions et innover.

Dans l’holacratie, le but est de laisser un maximum de liberté aux gens pour qu’ils expriment leur talents. Les entreprises ont pour habitude d’enfermer les gens dans des cases et ne les laissent pas trouver leur place. L’holacratie permet aux gens de polariser les rôles qui correspondent à leurs talents et donc passions. Les gens sont souvent en échecs dans des domaines pour lesquels ils n’ont pas de talents.

Quels sont les domaines et marques un peu inattendus qui vous inspirent chez Loyco?

  • Le monde associatif pour le management participatif.
  • Le monde sportif pour la notion de la performance bienveillante.
  • Et finalement, quelques grosses BCorp comme Ben & JERRY et Patagonia pour le business responsable.

Auriez-vous une petite anecdote que vous aimez raconter sur Loyco?

J’en ai une bonne sur notre nom “Loyco”. Les gens nous demandent souvent d’où il vient.

On avait fait une grosse séance de brainstorming. Nos valeurs principales, c’est le plaisir et l’intelligence collective. Le premier nom qu’on avait c’était “Joyco”, apparemment le nom d’une actrice porno des années 80 et d’un gel pour cheveux… Pas terrible, vous en conviendrez!

Lors de la première réunion de ce qui allait être notre conseil d’administration, notre Président Maurice Turrettini, avocat bien connu de la place et notre bien-aimé Président, nous a dit qu’il trouvait le nom trop “léger”. Il a ainsi suggéré de tourner le “J” en miroir pour faire un “L”, formant ainsi le mot “Loyco”, en s’exclamant “La “Loy” - vieux français pour “loi”- c’est moi!” Loyco était né et la marque exprime désormais la loyauté envers toutes nos parties-prenantes.

Loyco, c’est une équipe qui s’est révoltée contre le capitalisme sauvage en voulant faire le bien pour les gens et l’environnement, et qui a finalement atteint des résultats économiques extraordinaires. [FIN]

   

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Je traite principalement de cette série de portraits et de l'Experience Design; un domaine très transversal mélangeant entre autres: le branding, l'expérience utilisateur, le service design et le digital.

 

 

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