Nivez C Photoa

JOURNALISTE

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Cuba: pile et face

Je rentre d’un voyage à Cuba, pays fascinant et exaspérant… Mais unique au monde !

 « Bien sûr qu’on espère la fin de l’embargo ! » Juan* (50 ans) est un chauffeur de taxi cubain intéressant : il a vécu 12 ans en Europe et n’hésite pas à parler politique. « Le problème à Cuba, c’est que la société ne fonctionne pas. Les services, l’agriculture, la production, rien ne fonctionne normalement comme en Europe. Si l’embargo est levé, ce sera une bonne chose ». Sa chevrolet roule encore. Elle date de la « libération » c’est à dire de l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 59.

Pile et Face .

C’est un des nombreux paradoxes de Cuba : le pays est pauvre économiquement, mais riche culturellement. L’architecture en est un bon exemple. La Havane est une capitale « sinistrée » : les immeubles tombent en ruine, mais les rares quartiers restaurés (grâce à l’Unesco) dévoilent une architecture spectaculaire. Lors d’une visite dans un parc de la Havane, loin du centre ville, je déambule entre les arbres, quand tout à coup, un « sans domicile fixe » (pensais-je) me propose de dessiner ma caricature. Je refuse poliment. Mais quand il comprend que je parle français, il se met à déclamer des vers de Jacques Prévert, et à chanter des chansons de Charles Aznavour dans un français parfait. C’est cela Cuba ! Une population pauvre mais joyeuse. Qui n’est jamais sortie de son île, n’a jamais eu accès à internet ou à la mondialisation, mais qui parle toutes les langues du monde et est très éduquée. Que de paradoxes à Cuba ! Mélange de fascination et de surprises, c’est le choc de découvrir Cuba.

Pour passer de bonnes vacances à Cuba, le 1er mot-clé est « l’adaptation ». Et le 2ème mot : la patience.

Pile et Face. Il y a 2 façons de visiter Cuba. Soit vous bougez sur l’île et vous devez vous préparer à vivre de multiples chocs (positifs et négatifs). Soit vous restez tranquillement sur la plage en ne quittant pas votre hôtel. C’est un choix que font des milliers de touristes, canadiens notamment. A 4 heures de vol direct de Montréal, l’aéroport de Varadero (station balnéaire la plus célèbre sur l’île) déverse des millions de touristes « all inclusive ». Fin 2014, nous étions 3 millions d’étrangers à passer les fêtes de fin d’année à Cuba (record battu d’après la presse officielle) sur une population de 11 millions d’habitants. Les retombées du tourisme pour la population locale sont importantes et les cubains au contact des touristes (chauffeurs de taxis, hôteliers, guides…) gagnent bien mieux leur vie que n’importe quel travailleur d’Etat.

Pile et Face encore : Il y a deux monnaies et deux économies à Cuba. La monnaie officielle : le peso cubain auquel les étrangers n’ont théoriquement pas accès. Et le CUC : la monnaie pour les étrangers. 1 CUC vaut 1 dollar. Mon jeune guide Rolando -30 ans- est un heureux fonctionnaire d’Etat : guide officiel de la vallée de Vinalès. Cinq années d’université, il parle parfaitement le français, l’anglais et bien sûr l’espagnol. Son salaire est de 50 CUC par mois (nous dit-il). Soit environ 50 dollars. C’est un très bon salaire à Cuba.

Un travailleur du secteur privé (particulièrement dans les campagnes) gagne en moyenne 5 pesos par jour. Il faut 25 pesos pour rejoindre 1 CUC. Donc il faut 5 jours de travail pour un travailleur pour gagner 1 petit CUC. Mon chauffeur Juan, me dit qu’il a la « mentalité capitaliste », c’est à dire qu’il est « à l’heure aux rendez-vous » ; il fait « en sorte que sa voiture ne tombe pas en panne ». Et il « s’enrichit mais sans arnaquer ses clients ». (ouf !). Il nous explique comment fonctionne l’économie : il y a le côté pile : l’économie officielle « No fonctionar » répète-t-il en boucle. Et il y a le côté face : le marché noir, qui lui fonctionne à peu près.

J’apprends que la plupart des voitures qui circulent autour de nous appartiennent à l'Etat. Juan nous explique comment fonctionne le marché noir des pièces détachées automobiles : « Les réparateurs officiels font semblant de réparer une voiture d’Etat. En réalité ils font venir des pièces détachées pour les revendre ensuite au marché noir à un prix abordable. La voiture d’Etat elle, n’est pas réparée car elle n'a pas de problème. » Un litre de diesel coûte 1,20 CUC au marché officiel et 45 centimes au marché noir.

 

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