Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Cross-Border ou pas

Cross-Border rules… Un nouveau programme de télé-réalité? Non, ce sont les règles liées aux activités transfrontalières auxquelles les employés de banques suisses et tous les intermédiaires financiers doivent se conformer lors de contacts ou de voyages professionnels à l’étranger pour rencontrer les clients.

Un banquier vient de m’expliquer les règles Cross-Border avec la France. Elles me font plutôt penser à un protectionnisme de la France plus qu’à la libre circulation ou à l’ouverture de marché… si chère l’UE.

Si le client français est en Suisse, il n’y a aucun problème pour la conduite des affaires. Néanmoins, toutes les relations contractuelles avec les clients français doivent être établies uniquement sur le sol de la Confédération! Par contre, dès lors que le client est sur sol français, il est interdit de démarcher, de promouvoir les services/produits de la banque (par téléphone ou autre moyen de communication), d’envoyer de la publicité depuis la Suisse vers la France. La seule chose autorisée est de donner de l’information générale lorsque le client le demande spontanément mais, là encore, il n’est pas autorisé de conseiller le client ni même de lui proposer de venir en Suisse!

La protection offerte par le secret bancaire a permis durant des décennies aux banques suisses de faire fi de ces interdictions (et on le comprend) qui sont officiellement des mesures de lutte contre la confiscation fiscale. On constate seulement que la Suisse abandonne gentiment son secret bancaire sous la pression internationale mais que les marchés concurrents ne s’ouvrent pas pour autant aux banques suisses.

Avec ces interdictions en tête, j’ai été surpris lorsqu’une banque française m’a contacté pour me rencontrer pour faire des affaires. Interloqué, je pose la question si les banques françaises étaient soumises aux mêmes règles… Le silence qui s’en est suivi a été la meilleure réponse qui m’a été donnée d’entendre.

La fin du secret bancaire est là. Il est crucial que nos politiciens exigent en échange un libre accès aux différents marchés, car la lutte contre la soustraction fiscale n’est plus un argument recevable. Par contre, il ne faudra pas prétexter l’exode fiscal pour nous en imposer d’autres!

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