Nivez C Photoa

JOURNALISTE

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Côte d’Azur: abbaye et cabanes pieds dans l’eau…

Il reste encore quelques endroits intacts sur la Côte d’Azur. J’ai testé pour vous deux destinations pieds dans l’eau, au confort volontairement modeste, mais d’un luxe inouï car préservées au cœur d’une nature splendide. A découvrir de toute urgence.

Dans les années 70 & 80, les Alpes maritimes ont joué la carte du béton jusqu’à engloutir la côte sous une pluie de projets immobiliers et de routes. Quelques endroits du littoral ont cependant échappé à l’appétit glouton des promoteurs. C’est le cas des 3 Caps (Antibes, St Jean Cap ferrat, Cap Martin…) et des magnifiques îles de Lérins.

J’ai passé quelques jours sur l’Ile St Honorat, une des deux îles de Lérins, face à la baie de Cannes, au monastère de Lérins. Cette expérience a été extra-ordinaire, au sens littéral du terme. Majestueuse bâtisse, vieille de plus de 1000 ans (construite au 5° siècle, puis au 11° et 14°…), l’Abbaye de Lérins abrite aujourd’hui 21 moines cisterciens qui y vivent en silence, dans une grande simplicité et séparés du monde.

A partir de 17h, les derniers touristes quittent l’île par le dernier bateau régulier… Seuls les moines et leurs « invités » retraitants, occupent les lieux pour la soirée et jusqu’au lendemain matin. Dans la tradition hospitalière, l’Abbaye de Lérins accueille des hommes et des femmes qui souhaitent faire l’expérience du silence, de la méditation et évidemment de la prière, pour ceux qui le souhaitent. Les premiers réveils sonnent à 4h30 mais vous pouvez dormir jusqu'à 8h. La capacité d’accueil de l’Abbaye est de 30 personnes. La durée du séjour est de deux nuits minimum et d’une semaine maximum. J’y ai passé 3 jours.

Dans la journée, l’île est accessible aux touristes qui en font le tour à pied et se baignent dans les criques, mais l’abbaye, elle, reste totalement fermée au public, de jour comme de nuit. Que fait-on de sa journée dans une abbaye comme celle de Lérins ? On réfléchit. On médite, on lit, on respire, et finalement on lâche prise.

Les retraitants sont à l’abri de la foule et, plus étonnant, à l’abri du bruit. Le silence au sein de l’abbaye est même déroutant. Où suis-je ? Pas d’ordinateurs, pas de signal téléphonique. Il faut sortir de l’enceinte pour communiquer avec le monde extérieur. A l’abbaye, j’ai côtoyé des étudiants (en révision d’examens), mais aussi des chefs d’entreprise venus réfléchir et se ressourcer loin de la frénésie du monde. L’abbaye de Lérins, c’est moins de confort, moins de bruit, moins de vitesse aussi. Un retour à l’essentiel qui ré-oxygène l’esprit. A 40 euros par jour, on n’hésite pas à poser sa candidature. Car oui : ici, on ne réserve pas sa chambre comme à l’hôtel. Il faut écrire une lettre expliquant les raisons de sa démarche, pour obtenir une place au paradis…

 

 

Deuxième lieu tout aussi exceptionnel sur la côte d’Azur : les cabanes de l’Eden-Roc.

Hôtel mythique prisé par la jet-set et les stars au moment du festival de Cannes, l’Eden-Roc fête ses 100 ans en 2014. Au départ simple pavillon « tea-room » de l’hôtel du Cap, l’Eden-Roc est aujourd’hui un espace de vie et de loisirs, accroché sur les rochers, pieds dans l’eau au bout du Cap d’Antibes. Depuis la mer, il est la porte d’accès d’un magnifique parc de 9 hectares, dans lequel trône l’hôtel du Cap. Ouvert au public (mais sur réservation seulement), l’Eden-Roc est un endroit d’exception à plusieurs titres. C’est ici, dit-on, que la mode de la saison d’été a débuté sur la Côte d’Azur dans les années 1920. Avec sa piscine d’eau de mer construite dans le rocher, ses grandes terrasses et ses deux restaurants (dont un gastronomique), plus son « bar à champagne » sur le toit… On peut y passer ses journées. Mais il y a encore mieux avec les cabanons.

D’abord invisible depuis l’espace nautique, on devine la présence de ce nid caché, par le ballet discret des serveurs en tenue de marins. Faites quelques pas dans la pinède, et vous voilà à l’entrée des « Cabanes » de l’Eden-Roc. Un groupe de plagistes très souriants vous accueille et vous attribue une des 30 cabanes réparties en bord de mer. Attention, les places ne sont pas garanties, le premier arrivé est le premier servi avec une priorité pour la clientèle de l’hôtel. Laquelle peut réserver sa cabane pour la semaine.

Evacuons rapidement la question du budget : 580 euros (700 francs) la location pour la journée. A ce tarif, évidemment, il vaut mieux être invité.

Les cabanes peuvent accueillir de 2 à 6 personnes. On peut y manger (livraison en room-service impeccable), y bronzer allongé sur les transats. L’espace est petit (environ 25 m2), avec un simple rideau derrière lequel on se change. La décoration est minimaliste, l’équipement basique. Pourquoi donc ces cabanes sont-elles si exceptionnelles ?

Parce qu’ici, on quitte le monde. Et les masques tombent. On peut passer sa journée, habillé ou nu. Dormir, lire, manger, rire ou pleurer… Personne ne vous regarde, ne vous juge, il n’y a rien d’autre que vous et la nature. Sensation de liberté et de paix totale dans un cadre complètement naturel et authentique. On accède en quelques pas à la mer.

L’eau est salée et les sensations sont fortes. Et je m'endors... Je ne pensais pas être fatiguée. Une sieste sans le vouloir... La pluie et l’orage de chaleur me réveille. Je me sens reposée comme jamais. En quittant ma cabane de l’Eden-Roc, je me dis que le « paradis sur un rocher » existe encore sur la Côte d’Azur. Il est ici.

 

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