Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Cost-cutting et délocalisation: les banques se défont des ressources humaines

Les mots "cost-cutting – délocalisation" (CCD) n’ont jamais été plus à la mode qu’aujourd’hui. Depuis des années, les banques ont opté pour l’outsourcing et/ou la délocalisation des services, dès que légalement et opérationnellement possible.

Ainsi, par exemple, de nombreuses banques se sont défait de biens immobiliers, afin d’être plus « flexibles » et de pouvoir délocaliser rapidement, sans avoir à se soucier des murs dans lesquels elles se trouvent. Elles ont délocalisé et « outsourcé » à tout-va des services informatiques vers le sous-continent indien.

La dernière délocalisation en date? Le service des ressources humaines. Vous savez, cette ressource que les banques essaient de fidéliser en les rendant « corporate », mais que l’on remercie après des années de bons et loyaux services, parce que moins coûteux que de recycler l’employé dans d’autres fonctions (un paradoxe au vue des moyens que les entreprises dépensent pour communiquer sur les efforts qu’elles produisent afin de se donner une image écologique).

Le souci d’économie est légitime, mais le coût de la délocalisation n’est pas forcément visible. En effet, certaines banques lancées dans cette dynamique de CCD n’hésitent plus à faire produire certificats de salaires et autres documents par des sociétés externes, avec le risque inhérent aux fuites et subtilités que l’on peut imaginer. Un pas supplémentaire a été franchi lorsque la décision de faire produire les certificats de travail à l’externe fut prise par certaines banques. Malheureusement, à vouloir uniformiser et standardiser les subtilités, les particularités locales ne sont plus prises en compte. À la longue, ceci aura un coût humain et les mécontents auront de plus en plus recours aux prud’hommes.

Ce regroupement ou externalisation des services offre aux banques une meilleure maîtrise des coûts, mais pas nécessairement des risques. Seul l’avenir nous dira, mais il ne sera pas surprenant de voir un ensemble de banques utiliser les mêmes sociétés de services. Elles connaîtront par exemple les mêmes problèmes que les constructeurs automobiles qui se fournissent auprès des mêmes fournisseurs en pièces détachées. En cas de défaut ou de problème, l’impact est mondial. Mais surtout, la clientèle sera consciente qu’elle n’a rien d’exclusif. En effet, et à l’image du rappel des Airbags Takata, les propriétaires de BMW se sont rendu compte qu’ils avaient le même airbag que les propriétaires de marques moins « luxueuses »… 

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