Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Construire à Genève, pourquoi c’est si (trop) cher?

Quel que soit le résultat des élections de ce week-end, il ne sera pas plus facile et moins coûteux de construire à Genève ! Pourquoi ?

Les causes sont multiples et nous avons tous une part de responsabilité dans ce bourbier.

Le terrain est une denrée rare et donc cher. Peu de gens pourront dire le contraire. Au lieu de se concentrer sur l’optimisation du sol, on voit fleurir des initiatives pour limiter la densité lors de construction. Or, tout le monde se plaît à aimer le centre de Carouge ou la vieille ville, très denses.

Puis viennent les procédures administratives anarchiques où les services du Département de l’Urbanisme se contredisent, au mépris complet du bien public et de ce que le législateur supérieur a décidé. Les commissions indépendantes qui statuent sur la qualité d’un projet sont souvent à la merci d’architectes jaloux des projets d’autrui. Est-ce que cela rend Genève plus attractive architecturalement ou patrimonialement ?

Une fois le permis délivré, au bout d’une année au moins dans le meilleur des cas, il est temps pour la justice de s’emparer du dossier. En effet, il y a toujours des esprits bien pensants qui affirment que la construction de logements pour leurs propres enfants est un réel besoin, mais pas à côté de chez eux. Et comme le système de la justice est incapable de trancher vite, cela prendra bien encore une année au moins pour obtenir un jugement, qui pourra être combattu jusqu’au Tribunal Fédéral. Et le coût de la procédure reste ridicule en rapport aux intérêts qui courent. Mais qui les payera à la fin ? Le locataire ou l’acheteur, cela va sans dire. Mais, dans ce parcours du combattant, nous avons oublié les associations diverses, comme le WWF avec la plage des Eaux-Vives ou l’ASLOCA qui a condamné définitivement tout aménagement de combles ou surélévation.

S’ajoutent à cela, comme pour divers biens de consommation, les prix des matériaux artificiellement chers en Suisse. Pour exemple, un robinet de marque suisse coûtera environ CHF 150 chez Hornbach et le double chez un distributeur en sanitaires. Faut-il encore que la qualité du travail des intervenants sur le chantier soit au rendez-vous et que le Maître d’ouvrage n’en profite pas pour tout chambouler, comme il a vu des émissions de déco.

Finalement, comme nous sommes entrés dans l’ère du chacun pour soi, pourquoi ne pas demander des indemnités pendant le chantier, sous n’importe quel prétexte.

Cela peut laisser pantois, mais, franchement, il est difficile d’imaginer que les coûts de construction vont baisser lors d’une augmentation de l’inflation.

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